Paix du monde et paix en soi

Préambule

21 Septembre : Journée mondiale de la Paix. Vous dire combien je suis heureux de participer – prendre ma part, en être moi aussi, avec vous tous ici, l’acteur – à cet évènement instauré par les Nations Unies, serait superflu car je suis persuadé que ma joie aujourd’hui transpirera automatiquement de mes propos. Célébrer la paix ! Excellente initiative : on célèbre bien les victoires sur ceux qu’on a décidé de nommer notre ennemi, les dates anniversaires de catastrophes naturelles, de deuils, les naissances… Justement, que naisse chaque jour un peu plus de paix dans le monde, un peu plus de paix en nous ! Que se multiplient ces occasions de nous rencontrer entre sensibilités différentes, de célébrer ce qui nous est commun, d’abolir les différences que les guerres veulent souligner et même exalter ! Que la paix devienne « à la mode » comme la guerre a pu l’être, que cesse ce silence navrant sur cette Journée Internationale de la Paix, dont si peu de journaux, si peu de radios, de télévisions se font écho dans notre pays. Car je suis persuadé que parler de paix, c’est déjà commencer à œuvrer dans son sens.

INTRODUCTION

Tout se passe comme si l’homme, dans ce qu’il a de plus noble, aspirait à la paix mais en même temps, dans ces instincts égotiques et protectionnistes, comme la défense ou l’élargissement de son territoire, désirait la guerre. C’est dans cette «  schizophrénie » de la nature humaine que se trame le dilemme guerre et paix.

Définitions de la Paix : d’emblée, il m’est apparu important de distinguer la paix au niveau individuel de la paix au niveau collectif.

  • Au niveau individuel : la paix est un sentiment : on parle de sentiment de paix, de se sentir en paix. A quoi cela renvoie-t-il ? Pour moi, le sentiment de paix est l’absence de questionnement, c’est ce que je peux ressentir devant un paysage « apaisant », le regard innocent d’un tout jeune enfant, l’immersion dans un adagio de Mozart, une Cantate de Bach… Je ne suis plus ceci ou cela, je suis tout simplement, tout regard, tout ouïe. C’est aussi bien sûr ce que je peux ressentir lorsque je plonge mon attention dans mon espace intérieur, pendant mes méditations, lorsque je suis « connecté » avec mon cœur. Le mental n’a plus cours, il est court-circuité en quelque sorte, je ne me pose plus de question, je suis en paix.
  • Au niveau collectif : l’état de paix d’une collectivité, d’une nation, est-il la somme des sentiments de paix des hommes qui la constituent ? Répondre dans l’affirmative, implique que l’état de paix n’est jamais réellement atteint, car il y aura toujours dans quelque groupe, quelque nation que ce soit, une difficulté à la synchronisation : certains ressentent la paix intérieure, en même temps que d’autres ont des pulsions belliqueuses. Au niveau collectif donc, la paix est un processus dynamique, un état vers lequel des nations, les groupes peuvent tendre. Elle est toujours « à refaire ».

Sociologiquement donc, la paix n’implique pas l’absence de conflit, mais une résolution systématiquement calme et mesurée de toute difficulté conséquente à la vie en communauté, principalement par le dialogue.

Nous en trouvons une démonstration dans le yi-king : l’hexagramme opposé à celui de la paix est celui de la stagnation. Symboliquement, cela indique que la paix n’est pas un absolu, mais une recherche permanente. Et que le conflit n’est pas l’opposé de la paix. Il convient dans une démarche de paix de transformer le conflit pour le résoudre sans répondre par la violence. Les démarches non-violentes incarnent cette démarche de transformation pacifique du conflit.

Pour atteindre la paix, et c’est le but que nous nous proposons dans ces exposés, que faut-il faire ? Nous pourrons puiser des leçons de sagesse dans les différentes sciences humaines que sont la philosophie, la psychologie, la religion, et la spiritualité au sens plus large. Nous constaterons, comme nombre de grands penseurs que la paix du monde n’est possible que si l’on établit, si l’on vit la paix en nous. Le raja yoga ou méditation, en est pour nous la voie royale. Nous verrons comment, dans chacun des domaines envisagés ( philosophie, psychologie, religions… ), le concept de la paix nous renvoie à celui de la paix intérieure, d’ordre tout spirituel.

PHILOSOPHIE

La philosophie, fait appel à la rationalité de l’esprit humain. Peut-elle valablement promouvoir  la paix ? La paix est-elle rationnelle ? Nous verrons plus bas que son contraire, la guerre, n’est pas rationnel, ce qui limite d’emblée l’approche purement philosophique de la paix, tout en ouvrant à des perspectives spirituelles plus vastes.

En effet, la philosophie rejette toute forme d’irrationalité pour mettre en exergue certains principes cardinaux qui sont le socle de la paix. C’est quand ces principes sont respectés que l’on peut accéder à la paix, principes rendus possibles par le dialogue et le consensus :

Les libertés. Nous pouvons faire ici un distinguo entre les libertés, et la liberté. Les libertés sont envisageables au niveau collectif : les libertés de circuler, d’écrire, de culte, de pensée… mais que dire de la liberté ? Il s’agit là de liberté intérieure, individuelle, en fait du processus de libération par rapport à nos conditionnements, nos pulsions, notre égo.

L’égalité et la justice

–  La dignité humaine : là encore, dignité relationnelle : on ne peut parler de paix sans respect de chacun, et dignité personnelle : adopter des pensées et des comportements adéquats à cette dignité intérieure.

… On ne peut qu’être d’accord avec ces principes fondamentaux !

Mais pour moi, il paraît évident qu’il n’y a pas de progrès sans remise en question de l’ordre et des dogmes établis, sans  désordre. Le philosophe pourrait donc être perçu comme un danger pour la paix sociale, comme un perturbateur, comme un subversif même s’il est dans le vrai. Ce qui, par exemple, fait dire à Spinoza :

« Quelquefois, il arrive qu’une nation conserve la paix à la faveur seulement de l’apathie des sujets, menés comme du bétail et inaptes à s’assimiler quelque rôle que ce soit sinon celui d’esclave. » … Que penser de cette « paix des idiots », celle d’un troupeau de moutons qui se laisse diriger sans réfléchir ? Si un mouton saute dans le précipice, tous le suivent !! L’analogie nous paraît frappante : il suffit qu’un chef d’état particulièrement hargneux décide la guerre pour entraîner toute une population, il suffit d’un groupe de criminels en col blanc pour infléchir toute une économie vers la drogue, la spéculation boursière… avec la somme de souffrances que cela induit dans les couches modestes de la société.

«  Pour mériter la paix, il ne suffit pas de ne pas désirer la guerre. La paix véritable suppose un courage qui dépasse celui de la guerre : elle est activité créatrice, énergie spirituelle » ( Jung)… Une fois de plus, nous voyons se profiler les valeurs spirituelles, seul moyen, seules garantes de l’état de paix, tant au niveau collectif qu’individuel.

PAIX et RELIGIONS : chapitre à enlever puisque nous avons des intervenants spécialistes ( sauf bouddhisme et islam en l’absence d’intervenant de cette religion )

JUDAÏSME :

Le terme Chalom est employé près de 250 fois dans la Bible et des milliers dans la littérature rabbinique. La guerre est décrite, non comme un jeu de bravoure, mais comme un véritable fléau. Le terme chalom vient de la racine ChLM désignant l’idée de plénitude. Dans le judaïsme, et c’est le cas de presque tous les mots-clé de cette tradition, le mot Chalom a une multiplicité de sens : social, politique, spirituel, et même cosmique. Le Chalom représente une valeur suprême, un aboutissement ultime.

Citations bibliques :  Que l’Éternel dirige son regard vers toi et t’accorde la paix! (Nombres 6,23-26)

Quand tu marcheras sur une ville, tu l’inviteras d’abord à la paix. (Deutéronome 20,10).

Et l’œuvre de la justice sera la paix  ( on retrouve ici la perspective juridique de Kant )

ISLAM :

Paix et Islam, salâm = islâm, sont liés éthymologiquement. Le fil conducteur de la raison et de la foi est le respect de la vie.

“ Dieu vous invite à entrer en la Demeure de paix…” S10.V25.

“ Ô croyants, abandonnez-vous totalement à la paix.” S2.V208.

“ Les serviteurs du Tout-Miséricordieux marchent humblement, et si des ignorants les importunent, ils répondent : paix.” S25.V63.

“…Ne faiblissez pas, et appelez à la paix quand vous êtes en position de force.”S47.V35.

CHRISTIANISME :

Thomas D’Aquin : « Garde la paix en toi, ensuite offre la aux autres ».

Mère Thérésa : « On ne souhaite pas la paix, on la fait. On fait la paix, on est la paix, et on la donne aux autres. »

Dans la Bible, la paix apparaît comme le don messianique par excellence. Pour les chrétiens, qui reconnaissent en Jésus le messie attendu par Israël, la paix abonde avec Jésus. Jésus passe son temps à formuler des salutations de paix :

« N’ayez pas peur… La paix soit avec vous ! » (Jean 20,19-21)

Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix » (Jean 14,27).

La paix à laquelle invite Jésus n’est pas la simple absence de conflits. Jésus sait très bien que sa manière de parler et d’agir va lui attirer des ennemis ; et il prévient ses disciples :

« Pensez-vous que je sois venu mettre la paix sur la terre ? Non, je vous le dis, mais plutôt la division » (Luc 12,51). « La paix que je vous laisse, je ne vous la laisse pas à la manière du monde » (Jean 14,27).

Le hiatus, je dirais le gouffre qui a séparé les Ecritures des actes des églises à travers l’histoire, a permis au Pape Urbain 2 d’appeler, en 1095, les chevaliers et de leur prescrire d’aller combattre les infidèles, leur arracher par la force des armes le Saint Sépulcre, le tombeau du Christ, entre leurs mains depuis 638. Cet appel allait conduire à deux siècles de conflits effectifs en Terre sainte (1096-1291), mais plus encore à plusieurs siècles d’idéologie guerrière résultant de la formation d’un concept qui choque aujourd’hui les consciences chrétiennes : la notion de croisade, de guerre sainte.

BOUDDHISME :

Le bouddhisme est en vogue en occident. On le voit facilement comme promesse de paix et d’harmonie, et comme une opportunité de développement personnel.

Pour le bouddhisme les « trois poisons » à l’origine de l’absence de paix sont :

  • l’avidité . En effet, la cause la plus palpable de notre souffrance, c’est le désir que nous avons de choses éphémères auxquelles nous attribuons une qualité permanente. Or pour le bouddhisme tout, y compris l’existence, est impermanent, voire illusion. Nos sens nous trompent : une mouche voit par ses nombreuses facettes oculaires, un cheval voit beaucoup plus grand que nous, certains animaux entendent les ultrasons… notre perception de la réalité est assujettie à nos organes des sens et donc forcément limitée, sinon faussée.
  • L’ignorance : c’est aussi ne pas prendre conscience que tout est lié. Pour le boudhiste tout est Un et la science actuelle ne fait que conforter cette compréhension de la nature en débusquant chaque jour des nouvelles connections entre les êtres vivants, les particules, les champs électromagnétiques etc….
  • Cette ignorance engendre la cupidité et la haine qui nous poussent à chercher la satisfaction de nos désirs au prix de la souffrance d’autrui.

Mais il faudrait se demander d’où sont venues haine et avidité ? Est-ce la condition naturelle de l’homme ? Pas pour le bouddhisme pour lequel l’être humain est bon.

Mais pouvons-nous atteindre la paix si ceux que nous rencontrons n’agissent pas selon les mêmes principes ? – Non ! Dans le bouddhisme la paix est dépendante des actions de ceux qui nous entourent, la rendant bien improbable. Cependant Mathieu Ricard nous délivre avec force un message d’espoir : selon lui, nous assistons à un véritable recul de la violence depuis la 2ème moitié du 20ème siècle : droit des femmes et des enfants, guerres moins meurtrières. Le nombre de morts journaliers pendant les guerres aurait diminué de 50% en quelques décennies. Pour lui, la paix est bien prédominante sur la terre, simplement, on n’en parle pas !

Pour le bouddhiste la paix intérieure est atteinte par une série de méditations et de préceptes visant à une non-violence radicale.

Mais la paix intérieure n’est pas l’apathie. Il est essentiel de ne pas confondre sérénité et apathie. L’une des caractéristiques d’une pratique spirituelle stable est l’invulnérabilité aux conditions extérieures, favorables ou défavorables. On compare l’esprit du pratiquant à une montagne que les vents ne peuvent ébranler : il n’est ni tourmenté par les difficultés ni exalté par le succès. Mais cette équanimité intérieure n’est pas non plus indifférence. Elle s’accompagne d’une véritable jubilation intérieure et d’une ouverture d’esprit qui se traduit par un altruisme à toute épreuve.

L’Enseignement du Bouddha est généralement reconnu comme une voie royale vers la paix, car, de quelque côté que l’on se tourne dans les Textes, il n’est en fait jamais question d’autre chose que de pacification. Le Bouddha lui-même nous démontre la possibilité de parvenir à une telle pacification. Pour le bouddhisme la source des conflits se situe à l’intérieur de nous-mêmes, dans nos habitudes mentales néfastes, plutôt qu’à l’extérieur.

Mais pour moi, les institutions religieuses possèdent aussi bien un potentiel de paix que de guerre, et ceci par leur force d’incitation morale. L’une alliance du religieux et de la violence n’est le plus souvent qu’un moyen factice pour mettre un masque religieux à des luttes profanes.

-/ Les religions sont des facteurs de guerre quand elles tombent dans un certains nombre de pièges :

  • La manipulation du sacré
  • Le mélange entre référence religieuse et les idéologies politiques
  • L’incapacité à prendre en compte la modernité

-/ Les religions, instruments de paix : à quelles conditions ?

Quand elles s’engagent à l’éducation aux droits de l’homme            Quand elles s’engagent dans le combat pour la justice             Quand elles s’engagent pour donner l’espérance.

Quand elles s’engagent dans le dialogue entre elles… c’est bien ce que nous tentons de faire aujourd’hui !!

Nombreux sont ceux qui pensent que nulle paix ne sera possible entre les nations sans la paix entre les religions. Le dialogue entre les religions est l’outil qui permet d’accéder à une meilleure compréhension mutuelle et une coexistence pacifique. C’est que nous mettons en pratique aujourd’hui dans ce modeste colloque.

LE PACIFISME

Je vais vous faire écouter un bref extrait d’une chanson que vous connaissez tous : Boris Vian : chanson «  Le Déserteur »

Luther King : « Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous allons mourir ensemble comme des idiots »

Bernard Shaw : « Dans la vie, il y a 2 catégories d’individus : ceux qui regardent le monde tel qu’il est et se demandent pourquoi. Ceux qui imaginent le monde tel qu’il devrait être et qui se disent : pourquoi pas ? »

Le pacifisme est un des thèmes principaux des débats politiques et des controverses idéologiques du 20e siècle, qui fut bien plus guerrier que le 19ème. Pour ce qui est de la France, on sait assez qu’elle s’est trouvée presque continuellement en guerre pendant vingt-trois années, de 1939 à 1962.

Avant 1914, assez nombreux sont ceux qui tiennent un discours sur les vertus de la guerre. La guerre présenterait comme une école d’énergie, l’occasion pour l’homme de se dépasser, une invitation à s’accomplir ; on exalte alors les valeurs de discipline, d’abnégation, de sacrifice, que la guerre permettrait de développer. Il existe même une esthétique de la guerre ! On trouve, par ailleurs, l’idée, pour ce qui est des collectivités, que c’est dans la guerre que les nations prennent conscience de ce qui fait leur unité, que les guerres resserrent leur cohésion, qu’une guerre peut être pour une nation une expérience positive ! Pour moi, c’est bien sûr faire une impasse outrancière sur les tortures, les destructions et toutes les innombrables et immenses afflictions déclenchées par la guerre ! Heureusement, après 1918, rares sont ceux qui continuent à en faire l’éloge.

Mais il y a une part de mystère dans la guerre: il n’y a en tout cas pas d’explication rationnelle à la guerre. Quand on croit pouvoir l’expliquer uniquement par des raisons d’ordre économique ou par le jeu des intérêts, l’explication est trop courte. La guerre ne rapporte pas ; il serait beaucoup plus avantageux d’en faire l’économie ; elle ne crée pas de richesses, elle en détruit. Il reste à expliquer comment les peuples peuvent y donner leur adhésion et accepter d’y sacrifier leur existence même. Il faut donc bien qu’interviennent d’autres facteurs : c’est l’idée que la guerre fait partie de la nature des choses, qu’il y a une nature humaine, que le conflit fait partie des relations entre les hommes, que l’homme étant ce qu’il est, la guerre fait partie de la destinée humaine, et que c’est une illusion, une utopie, de s’imaginer que l’on pourra l’éliminer… Et le cœur dans tout ça ??

Le pacifisme est donc le refus inconditionnel de la guerre ; la guerre est réputée un mal absolu, on ne compose pas avec le mal absolu ; en conséquence, on doit le refuser en quelque situation que ce soit. Il existe cependant un débat profond car certains on avancé la distinction entre les bonnes et les mauvaises guerres. Ce pacifisme, qui mettait la vie au-dessus de tout, ne savait pas de quoi il parlait ; ceux qui pensaient ou qui disaient «Hitler plutôt que la guerre» ne savaient pas ce qu’était Hitler : la plupart se sont rendu compte que n’importe quelle vie n’était pas acceptable parce que cela impliquait la barbarie, le camp de concentration ou le génocide. Le pacifisme inconditionnel en est sorti affaibli.

 

LA CULTURE DE LA PAIX

Deux instances majeures : ONU et UNESCO

« Nous, peuples des Nations Unies,  résolus à préserver les générations futures du fléau de la guerre »  Charte des Nations Unies, 1945

« Les guerres prenant naissance dans l’esprit des hommes, c’est dans l’esprit des hommes que doivent être élevées les défenses de la paix.. » Préambule de l’Acte constitutif de l’UNESCO en 1945.
Selon les Nations Unies, Il nous faut renforcer la culture de la paix par :

–          l’éducation

–          le développement économique et social durable

–          le respect de tous les droits de l’homme

–          l’égalité entre les femmes et les hommes

–          la participation démocratique

–          la compréhension, la tolérance et la solidarité

–          la       libre-circulation de l’information et des connaissances.

 

La Journée internationale de la paix :

Elle est célébrée chaque année le 21 septembre à l’initiative des Nations unies. Elle est dédiée à la paix et doit se manifester notamment par un cessez-le-feu dans les zones de combat. Elle est observée dans de nombreux pays depuis sa création en 1981.

. L’Europe

La paix mondiale est l’objectif premier de l’unité européenne, comme en témoignent les premiers mots de la Déclaration du 9 mai 1950, dite déclaration Schuman, en fait essentiellement due à la plume de Jean Monnet:

«  La contribution qu’une Europe organisée et vivante peut apporter à la civilisation est indispensable au maintien des relations pacifiques. »

. Associations pacifistes :

Elles existent dans plusieurs pays. En France le Mouvement de la Paix a été créé le 22 février 1948. Il reste la principale ONG pacifiste française donc l’action se tourne de plus en plus vers la jeunesse.

. Personnalités engagées dans la paix :

De nombreux artistes se sont engagés en faveur de la Paix, à travers leurs actions ou leur œuvre, comme Picasso et sa Colombe de la paix, John Lennon et son album Imagine.

Parmi les figures emblématiques ayant joué un rôle pour la Paix, figurent Gandhi et son action non-violente, Martin Luther King lors de sa lutte pour les droits civiques, Nelson Mandela et sa lutte contre l’Apartheid, le Dalaï-lama, mais aussi des organismes comme Amnesty International, Prix Nobel de la paix en 1977.

Le pape Paul VI a institué en 1968 une Journée mondiale de la paix le 1er janvier.

 

 

 

 

 

 

 

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Mais quels sont les pays qui concourent le plus à la pacification de la planète et ceux qui s’en préoccupent le moins ?

Répondre positivement à cette question est aujourd’hui possible grâce aux chercheurs du GRIP (Groupe de recherche et d’information sur la paix et la sécurité) qui ont créé : «  l’indice de contribution à la paix dans le monde (ICPM) ».

Les pays sont donc classés en fonction de ces trois axes principaux que sont la sécurité, les droits humains et l’environnement, sur une échelle de 0 à 5.

L’article 24 de la Charte des Nations Unies donne au Conseil du Sécurité la responsabilité du maintien de la paix. Ce dernier est composé de cinq membres permanents appelé parfois « le club des cinq » et de dix membres non permanents. Observons le classement de ces membres permanents, et constatons avec un certain effroi leur classement !

 

RANG PAYS MOYENNE ICPM CLASSEMENT ICPM
1 ROYAUME-UNI 2,327 17
2 FRANCE 2,181 20
3 ETATS-UNIS 1,861 33
4 CHINE 1,399 95
5 RUSSIE 1,172 130

 

PAIX ET PSYCHOLOGIE

L’aspiration des hommes à la paix est fondamentale : nous sommes le plus souvent en paix relative avec nos voisins, notre famille, nos collègues de bureau… Mais les plus grandes guerres sont celles que l’on se fait à soi-même, et nous sommes là dans le domaine de la psychologie.

    • L’agitation témoigne toujours de la rupture d’un certain équilibre intérieur. L’agitation, c’est peut-être l’état émotionnel que la plupart d’entre nous connaissent le mieux : un projet qui n’aboutit pas, une dispute avec un proche, des difficultés matérielles, la crainte du changement, mais aussi des événements heureux, comme tomber amoureux, acheter une maison ou très simplement partir en vacances.
    • Le mécontentement de soi : là où la psychologie rejoint la philosophie. De ce mécontentement de soi découle une série de comportements toxiques, parmi lesquels : l’inconstance, l’insatisfaction… Autant de poisons qui déforment notre perception de la réalité et qui nous empêchent d’être en paix avec nous-mêmes comme avec les autres.
    • Se connaître soi- même : pour ressentir un confort intérieur, il faut au moins se connaître un peu. Ne serait-ce que pour mieux cerner ses zones de forces et de faiblesses, et se fixer des objectifs de vie réalistes, susceptibles en tout cas de générer plus de satisfaction que de frustration. La connaissance de soi ouvre la perspective de la découverte du grand Soi, que nous permet la méditation.
  • La tyrannie du toujours plus : Vivre zen, dépasser les conflits, trouver le calme intérieur, jamais notre désir de sérénité ne s’est exprimé aussi massivement. Et rarement les conditions pour y accéder n’ont été aussi difficiles : notre contexte socioculturel n’est pas très favorable au retour sur soi, qui est l’une des conditions pour trouver la paix en soi. Nous vivons dans une culture de productivité et de performance. Le “faire” est central dans la conception d’une vie qui a du sens. Pas de blanc, pas de vide, pas de silence, il faut remplir le temps ! On considère rarement le temps non employé comme un possible temps de gestation, mais comme une occasion manquée de faire quelque chose. Et, aujourd’hui, qu’est-ce qui répond le plus fréquemment à la peur du vide ? La consommation. Tous azimuts. Objets, loisirs, émotions, relations…

Aller chercher à l’extérieur la paix qui nous fait défaut à l’intérieur ? La démarche paraît absurde. C’est pourtant la nôtre, quand nous faisons tout pour éviter le tête-à-tête avec nous-mêmes.

MEDITATION

« D’où que surgisse la pensée, qui est mobile et vagabonde, il faut la contrôler et la conduire en soi, résolument. » Bhagavad Gîta

« Notre vie passe comme le vent du désert. Ainsi, tant qu’il te restera un souffle de vie, il y a deux jours dont il ne faudra jamais t’inquiéter : le jour qui n’est pas venu et celui qui est passé. Alors tu vivras en paix. » Avicenne

« La paix n’est ni l’absence de guerre ni la présence d’un accord de désarmement, la paix est un changement de cœur. » Richard Lamm

« Envoie moi l’amour qui tranquillise le cœur dans la plénitude de la paix. » Tagore

« S’assoir tranquillement, ne rient faire. Vient le printemps et l’herbe pousse d’elle-même. » Dicton zen

« Ce n’est pas dans le monde extérieur que vous trouverez la paix. Creusez au plus profond de vous-même et vous trouverez la perle inestimable. » Ma Ananda Moyi

« Le plus grand bonheur pour l’homme qui réfléchit c’est , après avoir cherché à comprendre ce qu’on peut comprendre, d’adorer ce qui es incompréhensible. » Goethe.

«  l’exploration de l’esprit commence à peine. Elle sera la principale tâche de l’ère qui s’’ouvre à nous. » Aldous Huxley

« On ne voit bien qu’avec le cœur, l’essentiel est invisible pour les yeux. » St Exupéry

«  Si nous apprenions la méditation à chaque enfant, la violence du monde disparaîtrait en une seule génération  » – Dalaï Lama

La méditation est de plus en plus prise en considération pour maintenir le stress sous contrôle. Elle est décrite dans les plus anciens textes au monde comme l’expérience humaine suprême; une expérience essentielle à notre plein développement. Méditer, c’est partager cette expérience de paix et de liberté intérieure.

« Un jour, dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés, atterrés, observaient impuissants le désastre. Seul le petit colibri s’activait, allant chercher quelques gouttes avec son bec pour les jeter sur le feu. Après un moment, le tatou, agacé par cette agitation dérisoire, lui dit : « Colibri ! Tu n’es pas fou ? Ce n’est pas avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu ! » Et le colibri lui répondit : « Je le sais, mais je fais ma part. » Légende Amérindienne

« Toute pensée de haine que vous pouvez avoir, serait-ce au fond d’une caverne, s’emmagasine et retombera un jour sur vous avec une énorme puissance, sous la forme de quelques souffrances ici bas. Si vous projetez de la haine et de la jalousie, elles vous reviendront avec intérêts composés. Nul pouvoir ne peut vous les faire éluder ; une fois que vous les avez mises en mouvement, il vous faut en supporter les conséquences. »

Swami Vivekananda – Commentaires des Yoga Sutra de Patanjali

EXPERIMENTATION  : Méditation et paix

Aujourd’hui on peut le confirmer scientifiquement, nous pouvons mesurer ce qui se passe dans notre corps et notre cerveau lors de la pratique de la Méditation :

  • un état de repos exceptionnellement profond, même plus profond que pendant le sommeil, un profond sentiment de paix et de joie, mesurable par une nette diminution de la production d’hormones de stress.
  • Un fonctionnement cérébral plus efficace.

A chaque fois qu’une partie du cerveau s’active, il est possible de mesurer l’activité électrique via un ElectroEncéphaloGramme (EEG) et cela se traduit sous forme d’ondes. On envoie les ondes venant de parties différentes du cerveau vers un ordinateur qui va calculer dans quelle mesure ces ondes sont cohérentes l’une avec l’autre, c’est-à-dire de même type et totalement synchrones. Une cohérence élevée signifie que les différentes parties du cerveau collaborent comme un tout. Méditer revient à faire l’expérience d’une unité intérieure, ce qui est mesurable au niveau du cerveau : prépondérance et synchronisation des ondes gamma ( lentes ) selon les expériences de Tania Singer, spécialiste mondiale de l’empathie. Le cerveau s’y habitue et ses différentes parties deviennent cohérentes même en dehors de la pratique de la Méditation. Une cohérence EEG plus élevée va de paire avec un QI supérieur, plus de créativité, plus de stabilité émotionnelle, de meilleurs réflexes et un raisonnement moral plus élevé, etc…

  • L’onde de propagation :

Méditer, c’est comme plonger dans l’océan. Mais en plongeant dans l’océan, nous créons des vagues qui se sont répandues sur tout l’océan. L’effet est vraisemblablement moins fort que sur nous-mêmes, mais il y a bel et bien un impact et il est mesurable. Cet effet semble si fort que Maharishi en a fait la prédiction dans les années 60. Si seulement 1% de la population d’une ville ou d’un état pratiquait la Méditation, l’on pourrait observer un changement sur toute la population. Comment une petite lampe peut-elle parvenir à éclairer une très grande pièce ? Parce que cette lampe est reliée à toute la pièce via un champ électromagnétique. La lampe active simplement ce champ, cela crée une vibration, des vagues de lumière. Celles-ci se répandent sur tout le champ et l’entièreté de la pièce s’éclaire. Pour éclairer toute une ville, il n’est pas nécessaire qu’il y ait de la lumière partout. Un peu d’éclairage ici et là suffit. De la même manière, il n’est pas indispensable que chacun médite. Un pour cent de la population suffirait. ‘Faire la lumière’ au sens de l’humanité, c’est introduire de la positivité et de l’unité dans le mental de l’homme. C’est ainsi que, par exemple, l’on a mené 7 expériences successives au Liban de 1981 à 1983, une période de guerre civile permanente. Qu’est-il ressorti des donnés de l’étude ? A chacune des 7 expériences, le nombre de victimes de guerre a chuté de près de 80%, taux excluant l’effet du hasard.

  • Le fonctionnement de l’amygdale modifié :

Si les neurologues savaient depuis longtemps que le cerveau d’une personne en train de méditer a un fonctionnement différent de celui habituel, une étude menée par des chercheurs de l’Hôpital Général du Massachusets, ( publiée en 2012 dans la revue « Frontiers un Human Neurosciences ») a montré que la méditation peut aussi engendrer des modifications neuronales durables, c’est-à-dire subsistant après l’activité de méditation proprement dite. Plus précisément, qu’ont découvert les chercheurs ? Ils ont constaté une modification dans le fonctionnement de l’amygdale, une zone du cerveau associée au traitement des émotions, et plus particulièrement impliquée dans les émotions telles que la peur, l’aversion et l’anxiété.    Pour parvenir à ce résultat, les chercheurs ont formé deux groupes de volontaires, lesquels ont tous deux suivi des cours de méditation pendant huit semaines.

a / les cours suivis par le premier groupe étaient consacrés à une méditation orientée vers le développement de la conscience de soi (appelée « méditation de pleine conscience », cette technique consiste à se concentrer sur un phénomène physiologique propre, comme sa respiration) ;

b / les cours suivis par le deuxième groupe étaient plutôt orientés vers l’aptitude à faire émerger le sentiment de compassion pour autrui.    Au terme de ces huit semaines, 12 volontaires au sein de chacun de ces deux groupes ont été exposés à une série de 216 photographies, dont certaines véhiculaient :

– des émotions positives (joie, sérénité, etc.),

– d’autres des émotions neutres,

– d’autres enfin des émotions négatives (souffrance, peur, dégoût, etc.).

Pendant le défilement des photographies, l’activité cérébrale des volontaires était analysée via l’IRM.

Résultats  :

Chez les volontaires qui avaient suivi des cours de méditation « pleine conscience », l’activité de l’amygdale était sensiblement diminuée pour tous les types de photographies, traduisant donc un abaissement de la réponse émotionnelle aux photographies visionnées. D’une certaine manière, les volontaires de ce groupe étaient devenus émotionnellement « moins sensibles » aux stimulations de leur environnement.

Quant aux volontaires qui avaient pratiqué une méditation orientée vers le sentiment de compassion, le résultat a été là aussi un abaissement de l’activité de l’amygdale, mais uniquement pour les photos à contenu émotionnel positif et neutre. En revanche, pour les photos à contenu émotionnel négatif, comme par exemple le visage d’une personne en train de souffrir, les chercheurs ont observé une augmentation de l’activité de l’amygdale..
       expériences sur des novices :

Tania Singer et ses collègues, Richard Davidson ( université de Madison ) et Antoine Lutz ( CERN de Lyon ) ont aussi entrepris une étude qui vise à entraîner pendant une année 200 volontaires novices à l’empathie et la compassion, puis à les comparer à 200 autres qui auront suivi un entraînement sans lien avec l’altruisme.

A raison de vingt minutes de méditation par jour sur la compassion, dès la huitième semaine, certaines zones du cerveau commencent à changer. Dans le cas de la méditation sur la bienveillance, par exemple, l’amygdale, aire liée à l’agressivité et à la peur, diminue en densité. Les zones reliées à l’empathie, comme l’insula sont activées et augmentent structurellement, avec davantage de connexions neuronales.

UNE PRATIQUE SIMPLE DE LA MEDITATION : HEARTFULNESS

Pour parachever notre exposé, permettez-moi de présenter très succinctement la méditation que je pratique, au sein de la SRCM, Shri Ram Chandra Mission, en même temps que plusieurs centaines de milliers d’aspirants dans le monde. Et tout d’abord, voici quelques citations de Ram Chandra, dit Babuji, un des guides spirituels qui ont initié et promu ses enseignements.

Lettre de Babuji à l’ONU – 8 juillet 1957

« Cher Monsieur,

(…) A moins de faire reposer les fondations de la paix sur une base spirituelle, on ne peut pas espérer des perspectives meilleures. Il est absolument sûr et certain que tôt ou tard nous devrons adopter des principes spirituels si nous voulons maintenir notre existence. (… ). Seule la force spirituelle peut éliminer de l’esprit des gens les causes de la guerre.

Si l’on me demandait mon avis, j’exposerais la méthode la plus simple possible, comme suit.

Frères et sœurs, asseyons-nous tous quotidiennement, à heure fixe, chacun chez soi et méditons environ une heure avec la pensée que l’amour de la paix et la piété se développent chez tous les gens du Monde.

Ce processus, s’avère d’une grande efficacité pour aboutir au résultat souhaité et tisser la destinée de millions de malheureux.

Je prie pour le succès de votre noble mission.

Sincères salutations,

Ram Chandra,

Président,Shri Ram Chandra Mission, Shahjahanpur, U.P., Inde »

« Le monde a aujourd’hui un besoin urgent de paix et les dirigeants déploient beaucoup d’efforts dans ce but, mais les moyens qu’ils adoptent ne semblent pas jusqu’à présent annoncer des résultats fructueux. Les efforts pour établir la paix mondiale ne semblent pas très efficaces pour la seule raison qu’ils sont purement extérieurs et n’abordent que la frange des problèmes ».

Ram Chandra (Babuji)

« La paix dans le monde est impossible à moins de prendre en considération l’état intérieur du mental individuel ».

Ram Chandra (Babuji)

La SRCM dispense son enseignement gratuitement dans le monde entier, est reconnue d’utilité publique dans plusieurs pays comme l’Inde, les USA et le Danemark, est également une ONG faisant partie intégrante de l’ONU, toutes qualités témoignant de la noblesse de ses activités et de leur but tout à fait humaniste.

Heartfulness, autrefois appelée Sahaj Marg, ou voie simple, voie naturelle, est le fruit de la volonté de son fondateur Shri Ram Chandra de Fategarh, dit Lalaji ( 1873-1931 ) de réactualiser une pratique millénaire de méditation fondée sur la transmission d’énergie spirituelle ou Pranahutti. C’est dans les très anciens védas, qui sont les écritures religieuses de l’Inde antique, que l’on retrouve cette pratique longtemps passée dans l’oubli. A la suite de Lalaji, deux guides se sont succédés : Ram Chandra de Shahjahanpur, dit Babuji ( 1899-1983 ) et Partasarathi Rajagopalachari, décédé à l’âge de 87 ans, en décembre 2014. Le président actuel de la SRCM est Kamlesh Bay.

La méthode s’articule en deux pratiques principales : La méditation du matin, le cleaning du soir. Voici très brièvement de quoi il s’agit  :

  • La méditation du matin se fait de préférence dès le réveil, et consiste à s’assoir dans une position confortable, yeux clos et à émettre l’idée que nous recevons l’énergie dans la région de notre cœur. Les idées parasites qui ne manquent pas de se présenter doivent être considérées comme des «  hôtes indésirables ».
  • Le cleaning du soir, vers 19 heures, consiste, toujours dans la même position, à imaginer que les impressions de la journée sortent de notre corps, comme une vapeur dans le dos.

Je ne m’étendrai pas sur ces pratiques qui demanderaient à elles seules de longs développements, et préfère vous livrer mon expérience personnelle. J’ai rencontré le Sahaj Marg voilà 33 ans déjà et ce fut une véritable révélation pour moi : cette pratique a correspondu d’emblée et en tout point à ce à quoi j’aspirais au niveau spirituel : pas de rituel, un guide attentif qui distribue son amour à qui veut bien le recevoir, une pratique simple, ouverte et accessible à tous, ne demandant pas de capacités physiques ou intellectuelles particulières.

La pratique Heartfulness n’exige rien, elle propose. Il est un chemin de Lumière que seule l’expérience peut révéler sous nos pas. Pour moi, il a été la cause des plus grandes joies de ma vie, des plus beaux moments de plénitude, des moments en somme où je me suis senti le plus «  vivant ». Car c’est ainsi que l’on peut résumer cette méditation : elle est ce qui nous relie le plus directement à la source de la vie, à l’amour.

Je forme ici de tout mon cœur les vœux pour que cette noble voie éclaire longtemps et de plus en plus l’existence des hommes.

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Un commentaire sur « Paix du monde et paix en soi »

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