La transmission yogique, une histoire d’insectes très connectés. suite…

… Quelques jours ont passé, pendant lesquels Germaine n’eut plus de nouvelles de ses amis. Mais Germaine n’était pas inquiète : sa longue pratique de la méditation lui avait appris à accepter la vie comme elle vient, à se laisser emmener par son flux, en toute confiance, tout abandon. Les graines qu’elle venait de semer dans l’esprit d’Alfred, Victor, Lucie, Irène et Joseph germeraient nécessairement en un temps où l’environnement, l’écologie, leur seraient favorables… Et, en pensant à ses amis, Germaine « transmettait »…

Elle ne fut donc nullement étonnée lorsque, au bout d’un mois, Alfred le hanneton, de loin son meilleur ami, vint à sa rencontre. Germaine le trouva changé, sa démarche était plus souple, ce qui pour un hanneton relevait du miracle, son regard semblait embrasser l’immense paysage de manière plus ouverte, plus confiante.

  •  » Mais Alfred, te voici bien différent ! Que t’est-il arrivé ? As-tu trouvé une âme sœur, un cœur vers qui répandre ton amour ?
  • J’ai vécu quelque chose d’extraordinaire, d’inimaginable  !
  • Mais veux-tu me raconter cela, je t’en prie ?
  • Eh bien voilà : j’ai tenté l’expérience de méditation que tu nous as si bien décrite voilà un mois. Mes débuts ne furent pas glorieux et j’étais bien près de renoncer, de me dire qu’un simple hanneton tel que moi n’était pas fait pour cette étrange pratique, lorsque, au bout de quelques semaines, – c’était hier -, après plusieurs séances de méditation sur le cœur, il m’est arrivé ce que je vais essayer de te livrer au mieux :
  •  Au lieu de rencontrer le calme et le vide que tu nous avais promis, c’est une foule d’idées qui m’ont envahi, sans rapport les unes avec les autres, tout un désordre de sentiments, de souvenirs, d’images, de situations vécues ou imaginaires, insensées ou possibles. C’était un train ininterrompu lancé dans ma tête, qui m’a fait progressivement oublier mon malaise physique. Il m’était impossible de capturer telle ou telle idée, de la suivre ; immanquablement, elle me fuyait, aussitôt remplacée par une autre image, tout aussi vite bousculée par autre chose encore. C’était plutôt désagréable et mes nerfs ne pouvaient se détendre. Je remarquai en même temps, car j’étais pleinement conscient, que mon corps était particulièrement immobile, que ma tête penchait en avant, avec à l’intérieur, ce grand désordre. Ensuite, une sorte de dissociation. J’ai eu l’impression que ma tête s’agitait beaucoup plus haut, et que dans ma poitrine se produisait un phénomène nouveau. J’étais partagé en deux : en haut le chaos, peu à peu plus lointain, comme une rumeur d’idées, et, à la hauteur du cœur, une sorte de vertige, de bourdonnement sourd. La sensation s’est accentuée et bientôt ma conscience a quitté l’étage agité de ma tête et j’ai été absorbé par ce puits sombre qui s’ouvrait dans mes entrailles. Curieusement la sensation n’était pas du tout désagréable. C’était comme un bercement qui m’emmenait plus profond dans ce gouffre, dans ce vertige vertical. Les mots sont difficiles à trouver. »
  •   Alfred le hanneton s’est interrompu. Germaine est restée silencieuse un moment. Puis :
  •     » Puis c’est arrivé, la suite, l’aboutissement. Je vais essayer de le décrire, pour ne pas oublier une expérience peut-être unique, que je ne revivrai pas. Voilà : je n’ai plus pensé, je n’étais plus divisé en deux, je ne sentais plus de vertige, de descente, plus aucune forme d’agitation. Simplement le calme. Ma poitrine me semblait ouverte et immense, en fait sans limites. J’avais perdu mon individualité dans quelque chose de plus vaste, dans lequel j’étais immergé. Une sorte de vibration sans mouvement. J’étais comme jamais, sans être vraiment. Et puis dans cette ouverture, une douceur, quelque chose comme du coton, ou bien une clarté à travers les nuages. C’était une vision sans image, une lumière sans luminosité. C’est devenu progressivement une paix, un calme absolu, un état sans limite, un bien être que je n’ai pas identifié tout d’abord.En te racontant cette expérience, je crois bien pouvoir mieux comprendre enfin ce que j’ai vécu cette nuit-là : il s’agit de l’Amour. Il n’y a pas d’autre mot. Je le découvre seulement aujourd’hui. Rien ne sera plus pareil dans ma vie.- Mon ami, cette nuit-là, j’étais réveillée en même temps que toi et je t’ai transmis. »

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