Guérir

Guérir

Il y a des mots comme ça qui résonnent profond, infini, définitif, des mots qui questionnent. En voici un : guérison : « disparition complète des symptômes d’une maladie avec retour à l’état antérieur ». Il s’agit donc d’un recouvrement de la santé ( en anglais : recovery ).

   Ce qui interpelle aussitôt c’est ce « retour à l’état de santé antérieur ». Si tel est le cas, la guérison n’est jamais possible… car l’état antérieur ne peut exister dans notre présent, de même qu’on ne peut faire revenir le passé.

   Mais la maladie, la souffrance, la douleur, les épreuves, peuvent sans doute nous guérir de quelque chose, pour peu que nous leur prêtions attention et que nous les mettions à profit. Il en irait même de la logique intrinsèque de la maladie dans une perspective spiritualiste.

   Prenons un exemple concret. Je suis atteint d’un cancer, je consulte, suis consciencieusement mes soins, souffre, espère, désespère… et puis je guéris. Enfin, c’est ce que le corps médical me dit. Mais mon corps à moi, que dit-il ? Est-il redevenu le même qu’avant cette grande épreuve ? Certainement pas ! Les séquelles sont là : douleurs, névrites, fatigues, indispositions digestives et autres stigmates. Si le retour à l’état antérieur est la guérison, je ne guéris jamais vraiment, pas même d’une grippe. D’une manière ou d’une autre mon corps se souviendra.

   … Quid de mon âme, de mon esprit, de  ma conscience ? Comment puis-je sortir de cet accès de maladie, accès qui peut très bien se répéter, ou bien  même s’installer, je le sais ? Si cet épisode m’a appris quelque chose, que m’a-t-il appris ?

   Le corps donc ne guérit jamais, mais la maladie peut nous donner l’opportunité de guérir ailleurs, et cette guérison-là, est possible. Elle nous est révélée alors que nous  vivions dans l’ignorance d’être malade. Notre esprit était malade, mais nous ne le savions pas. Nous prenons la mesure de cette maladie uniquement dans la grâce de sa guérison. C’est une re-naissance. Une naissance à quelque chose de plus grand, plus vaste, plus doux. Encore faut-il mettre à profit la maladie de notre corps, encore faut-il ne pas y succomber. Si notre corps a la chance de guérir, au sens commun du terme, nous pouvons re-vivre, naître une deuxième fois.

   Là se trouve l’immense cadeau de la méditation sur le cœur : nous faire vivre les évènements douloureux de notre vie en conscience, les prendre comme une chance, un tremplin, un soin, en retirant la peur.

   La peur agit comme un voile qui rend invisible la Lumière que recèle l’épreuve. Enlevez la peur, ne reste que l’épreuve et l’acceptation de l’épreuve. Travaillez sur l’acceptation, jaillit la Lumière.

   Voyons comment peut s’opérer ce miracle, et voyons comment la  nature nous donne tous les outils pour vivre cette alchimie de la transmutation souffrance-libération. C’est du côté des expérimentations sur le cerveau des méditants que nous trouverons des pistes de réponses.

 

   Des expériences sur des novices

  

   Tania Singer, spécialiste mondiale de l’empathie, et ses collègues, Richard Davidson ( université de Madison ) et Antoine Lutz ( CERN de Lyon ) ont entrepris une étude qui vise à entraîner pendant une année 200 volontaires novices à l’empathie et la compassion, et d’observer sous scanner les modifications cérébrales de certaines zones.

  A raison de vingt minutes de méditation par jour sur la compassion, méditation proche dans ses principes de la méditation sur le cœur Heartfulness, dès la huitième semaine, les examens révèlent :

–         que l’amygdale, aire liée à l’agressivité et à la peur, diminue en densité ;

–         que les zones reliées à l’empathie, comme l’insula sont activées et augmentent structurellement, avec davantage de connexions neuronales.

   Si d’autres expériences avaient déjà montré que la méditation était capable de modifier le fonctionnement du cerveau en activant certaines zones et en mettant au repos d’autres régions, cette magnifique expérience menée par Tania singer et son équipe nous montre que la méditation est tout a fait capable de modifier la structure-même du tissu cérébral, en « musclant » certaines zones. Tous se passe comme si, grâce à la pratique de la méditation et à l’augmentation des connexions neuronales qu’elle permet, le tissu cérébral devenait plus dense : c’est la neuroplasticité du cerveau.

   Fait remarquable : la zone concernée par nos peurs, nos aversions, à savoir l’amygdale cérébrale, étant moins souvent sollicitée grâce à l’apprentissage et à la pratique régulière de la méditation, sa structure s’en trouve moins dense, moins riche en connexions, traduction de la diminution de nos réflexes de peur, de rejet, de méfiance.

   Voici établie la traduction physiologique et même anatomique de notre pratique méditative.

   Mais quelque part, au fond de mon cœur, naît un regret : celui de voir mettre en équations, en courbes, en graphiques, la magie de la méditation, sa poésie, son mystère. Fort heureusement, l’homme ne pourra jamais chiffrer la beauté de notre cœur, l’efficience de son amour infini.

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Recovering

 

Some words do deeply, infinitely and definitely echo in us; they give rise to questions. The word recovery is one of them. Recovery: complete disappearance of the symptoms of a disease and return to the previous state – regaining normal health.

What is most concerning is the « return to the previous state of health ». If such is the case, recovery is impossible, since that previous state can’t possibly exist in our present, just as past can’t be called back.

However, disease, suffering and trials may make us recover from something, provided we take notice and advantage of them. Similar considerations would apply to the intrinsic logic of the disease in a spiritualistic perspective.

Let’s take a practical example. I have been diagnosed cancer. I consult a specialist and I scrupulously comply with the treatment prescribed, I suffer, I hope, I lose hop, … and eventually I recover. Or at least the medical system says I have. But what does my own physical system say? Is it back to what it was like before such a big trial? Not at all! The disease has left its marks: pains, neuritis, physical fatigue, digestive troubles and other stigmas. If the return to a previous state is recovery, I will never really recover, not even from flu. Somehow, my body is going to remember.

… And what of my soul, my mind, my conscience? How can I get out of that disease outbreak, an outbreak that may be repeated or may even dwell in, as I know from experience? If that episode has taught me anything, what was the lesson?

So the body can never recover, but the disease can give us an opportunity to recover something else, which is a feasible recovery. It was revealed to us while we didn’t even know we were sick. Our mind was sick without our knowing it. We become aware of the disease only on recovering from it. It is re-birth. A birth to something greater, vaster, softer, provided we make the most of our body’s disease and don’t succumb to it.  If our body is lucky enough to recover, in the general sense of the term, then we can be re-born, be born a second time.

Here dwells the immense gift to be withdrawn from heartfulness meditation: having us live painful events consciously, treat them as a boon, as a springboard, as a special care, by removing fear.

Fear functions as a veil that makes invisible the light within the trial. Remove the fear and only the trial is left, together with the acceptance of the trial. Work on accepting it, and the light will break forth.

Let us see how such a miracle can work, and how Nature provides us with all the instruments required for living such an alchemy as the transmutation from suffering to liberation. Ways of finding answers may be looked for in the experimentations carried out on the brains of advanced meditators.

Experiences carried out on novices

 

Tania Singer – known worldwide for her researches on empathy – and her colleagues Richard Davidson (from the Madison University) and Antoine Lutz (from the CERN, in Lyon) have embarked on a one-year research aiming at training 200 voluntary novices to empathy and compassion, any change in particular areas of the brains being then observed through a scanner.

Starting from the eighth week, regarding sessions of twenty minutes a day spent meditating on compassion – a meditation akin to the heartfulness meditation – the reviews have indicated the following changes:

– The tonsil area (amygdala), linked to aggressiveness and fear, is in receding density;

– The areas linked to empathy, such as the insular cortex, have been activate, and they show broadened structural changes, together with an increase in the number of neural connections.

While some other experiments had already shown that meditation could modify the way the brain works just by activating certain areas and by bringing other areas to rest, this stupendous experience Tania Singer and her team have carried out   clearly shows that meditation can change the very structure of the brain tissue just by fortifying certain areas. It all happens as if, thanks to the practice of meditation and the increasing number of neural connections meditation allows, the brain tissue would -acquire more density: this is what is called the ‘neuroplasticity’ of the brain.

 

Remarkably, the area linked to our fears and dislikes, i.e. the cerebral amygdala, since there is is less stress on it, due to training and to a regular practice of meditation, now has a less dense structure and fewer connections, which means we have reduced our fear, aversion and mistrustful tendencies.

Well, now we have established the physiological and even anatomical representation of our meditative practice.

But somewhere, deep in my heart, a regret arises: why should we need to equate, need to convert to curves or to charts the magic, the poetry, the mystery meditation is? Fortunately, man will never be able to calculate the beauty of our hearts, and their efficient power to love infinitely. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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