Jamais content

Voici, chers amis, une histoire destinée au  programme Heartfulness  » School-Connect « , pour les écoles primaires… une base pour inspirer le travail en groupe chez nos tout petits.

Jamais content !

 

 

Quand j’avais votre âge, je n’étais jamais content, je me bagarrais tous les jours avec mes copains de classe, et puis je pleurais parce que j’étais puni, ou bien  parce que j’avais trouvé plus fort que moi, ou bien parce qu’on m’avait dénoncé,  ou encore parce qu’on ne voulait plus jouer avec moi. Bref, j’étais toujours en colère !

Et un beau jour, j’ai lu l’histoire de Francky-la-Chaussette… Vous ne connaissez pas Francky-la-Chaussette ? Eh bien je vais vous le présenter.

C’est un petit gars qui se promène toujours avec une seule chaussette, deux chaussures mais une seule chaussette. Personne ne sait pourquoi il ne veut jamais mettre ses deux chaussettes à la fois. Sa Maman ne se doute de rien, puisque, en fait, il enlève une chaussette dès qu’il la quitte pour aller à l’école, et la remet avant de la retrouver le soir. Bref, à l’école, il n’a qu’une chaussette.

Un jour sa maîtresse lui a demandé :

–         Francky, pourquoi n’as-tu qu’une chaussette ?

–         Ça me regarde !

Une autre fois, son meilleur ami lui a demandé :

–         Francky, pourquoi n’as-tu qu’une chaussette ?

–         Ça me regarde !

Et aussi la dame de la cantine, le gardien de l’école, son cousin qui est dans la classe d’à côté… Certains jours, l’affaire faisait grand bruit : tout le monde parlait de la chaussette manquante de Francky et y allait de sa supposition, de ce qu’on en disait, les rumeurs les plus incroyables circulaient dans la cour.

Mais la vérité était peut-être plus incroyable que tout ce qu’on pouvait imaginer ! Vous voulez la savoir ? Soit, mais vous êtes prévenus.

Voici : un jour, ou plutôt une nuit, Francky, qui portait encore à cette époque ses deux chaussettes comme tout le monde, avait du mal à s’endormir : il s’était encore disputé, et même plusieurs fois dans la même journée. Bien sûr il trouvait qu’il avait les meilleures raisons de se disputer : on lui avait volé son stylo, on l’avait bousculé, on s’était moqué de lui, on n’avait pas voulu échanger des billes… enfin, c’était une journée particulièrement noire. Il était en train de se répéter dans son lit toutes ces grandes contrariétés, lorsqu’une dame lui est apparue, rentrée tout simplement et tout tranquillement par sa fenêtre. Elle était plutôt rigolote, parlait doucement en zozotant, et souriait tout le temps. Elle lui dit :

–         Francky, tu n’en as pas zassez de te dizputer tout les zours avec tout le monde, dis ?

–         C’est de leur faute !

–         Et comment tu comprends qu’il n’y ait que toi qui te disputes autant, hein ? Moi ze crois que tu cherches la bagarre, c’est tout. Tu crois qu’on t’en veut, alors que c’est toi qui en veux à tout le monde. Si on te regarde, tu trouves qu’on te regarde mal, si on ne te regarde pas, tu trouves qu’on fait exprès de t’ignorer, et  tout est comme ça chez toi. Alors voilà ce que ze te propose : le matin, tu vas enlever une chaussette et me la donner, ze t’attendrai devant l’école, personne ne me verra, parce que ze suis la Fée des chaussettes. Et tu vas essayer d’être zentil avec tout le monde, toute la zournée. Si tu y parviens, le lendemain, tu n’auras pas besoin de me donner ta chaussette, tu auras réussi. Mai si tu as eu une seule pensée méchante, une seule parole ou même un seul regard mauvais, tu devras me donner encore ta chaussette.  Rassure-toi, ze te rendrai toutes tes chaussettes le soir-même. Parce que ze suis la Fée des chaussettes… Non, non, ne rouspète pas, c’est ainsi, ze le veux !

… Et la Fée des chaussettes disparut par la fenêtre.

Tout s’est passé comme elle l’avait dit : elle l’attendait devant l’école, il enlevait sa chaussette et la lui donnait, mais personne ne la voyait, sauf lui. Le premier jour, Francky n’a pas réussi à rester tranquille : il s’est disputé dès la première récréation ! Et les jours suivants, ça n’a été guère mieux. Parfois il tenait bon jusque dans l’après-midi, et c’est vrai que ses journées se passaient mieux : il lui semblait qu’il avait plus d’amis, que les gens étaient plu gentils. Mais alors, sans savoir pourquoi, il arrivait toujours un moment où il se rebiffait bêtement et la dispute arrivait… et il fallait encore donner sa chaussette le lendemain.

Le temps a passé, et il était devenu « Francky-la-Chaussette ». Mais un beau jour, tout a basculé. Ce jour-là, Francky s’est réveillé différent, doux comme un ange, car il avait fait un très beau rêve : il a rêvé de la Fée des chaussettes, qu’elle était moins rigolote, mais très belle, très douce. Elle l’avait regardé avec un beau regard, comme ça, tout simplement, et lui n’avait jamais ressenti autant d’amour dans son cœur, et il avait finit sa nuit très paisiblement.

Ce matin-là, quand il a donné sa chaussette, il lui a semblé qu’elle l’a regardé comme dans son rêve, et il en fut tout ému… et savez-vous ce qui s’est passé ?… A vous de le deviner !

Je vais vous donner un indice : Francky n’a plus jamais eu froid au pied !

***

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