Méditation, bien-être et santé

Méditation, bien-être et santé

 

 

Bonjour à tous et merci d’être venus nombreux pour cette présentation des effets positifs de la méditation sur notre corps et notre esprit. Voilà 37 ans que je médite régulièrement et je dois dire que chaque jour me convainc davantage que la méditation est une activité tout à fait naturelle, comme de penser, de dormir ou de respirer… naturelle et salutaire par la joie intérieure qu’elle procure, par l’épanouissement de notre être intérieur, l’amélioration de nos rapports avec notre moi – qui devient alors le Soi avec un  grand S, et  tout aussi bien avec autrui.   Activité ouverte à tous, à toutes cultures, toutes convictions athéiste ou religieuse, tous âges et ne demandant pas d’aptitude physique particulière hormis la possibilité de pouvoir s’assoir, yeux clos, un moment dans le calme.

Passons tout d’abord en revue les trois définitions de notre exposé.

Définition de la méditation :

racine latine «  mederi = soigner »,

ou encore medium : aller vers le centre

Je vais vous donner ma définition propre :

   Méditer, c’est s’absorber profondément dans une pensée.

Je préfère le mot absorption que concentration qui renvoie à un effort, une pression du mental. Le mot pensée reste néanmoins gênant puisque, pendant la méditation, notre mental se calme et peut devenir tout à fait silencieux. La méditation n’en reste pas moins une activité qui mobilise notre mental pour l’orienter vers l’intérieur… toutes circonvolutions qui montrent qu’on ne peut résumer en une formule ce qu’est la méditation. Les mots trahissent toujours l’expérience vécue. Les personnes qui pratiquent la méditation vous le confieront : la méditation est une expérience agréable  et tout à fait apaisante !

 

Définition du bien-être :

 

Définition :  Le terme de bien-être renvoie à deux principales désignations :

– La première est physique : Le bien-être physique est défini par la sensation d’une bonne santé physiologique générale, d’une satisfaction des besoins primordiaux du corps.

– La seconde fait référence au bien être psychologique procuré par des satisfactions diverses, financières, professionnelles, sentimentales, spirituelles…

Le bien-être est un ressenti c’est donc une évaluation subjective personnelle : personne d’autre que nous-mêmes, ne peut déterminer  notre état de bien-être, et nous ne pouvons évaluer pour autrui son état de bien-être, en fonction de nos propres critères.

Le bien-être c’est l’état NATUREL de l’être dans sa globalité, auquel nous aspirons tous.

Définition de la santé

Tout de même très proche de la notion de bien-être : « La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité ».

Cette définition est celle du préambule de 1946 à la Constitution de l’organisation mondiale de la santé (OMS).

Elle implique que tous les besoins fondamentaux de la personne soient satisfaits, qu’ils soient affectifs, sanitaires, nutritionnels, sociaux ou culturels.

C’est par la santé physique que nous allons entrer tout d’abord entrer dans notre sujet. La méditation a-t-elle un retentissement sur nos organes ? Nous envisagerons ensuite le domaine plus subtil du bien-être dans sa globalité.

 

MEDITATION ET SANTE

L’état de santé est toujours à refaire : nous évoluons sans cesse d’une maladie ( aussi bénigne soit-elle, peut-être juste une indisposition très passagère ) à une guérison, puis une nouvelle maladie etc… Donc ce qui me vient à l’esprit lorsqu’on veut parler de santé et méditation, c’est le mot « guérir ». La méditation peut nous guérir, et de quoi ?e l’expérience du soin que l’autre nous apporte

Jon Kabbat Zinn 

Professeur émérite  de médecine, JKZ a été le grand introducteur de la méditation dans le monde occidental. Avec l’appui du Dalaï Lama, il  a créé le Mind and Life Institute aux USA.

Il faut être clair : aucune pratique méditative ne prétend être, en soi, une thérapie. La guérison vient « de surcroît ». Il n’y a pas d’indications thérapeutiques officielles. Cependant, depuis une trentaine d’années, de multiples études scientifiquement irréprochables ont trouvé des vertus tout à fait concrètes à la méditation.

La liste des maladies où la méditation s’est montrée utile ne cesse de s’allonger, même s’il faut se prémunir de la tentation d’affirmer que la méditation guérit tout et n’importe quoi… Pour nous, il s’agit de nous rapprocher de l’idée d’une « médecine participative » : elle conduit le patient à s’engager personnellement vers de plus hauts niveaux de bien-être. Le travail de méditation apparaît alors comme un complément précieux à la « guérison » qu’apporte – ou pas – le traitement médical ou chirurgical.

Le nombre d’hôpitaux et cliniques dans le monde qui proposent des programmes basés sur la méditation augmente chaque année. J’ai le sentiment que la culture médicale française résiste quelque peu, mais les choses sont apparemment en train de changer. Voyons donc les effets positifs de la méditation sur notre santé physique.

Toutes les études que je cite sont issues de laboratoires de recherches sérieux, et ont été validées par la communauté scientifique.

  1/  Prévenir les troubles cardiovasculaires

La méditation améliore quelques aspects du « syndrome métabolique ». Ce syndrome contribue à l’apparition de certaines maladies (diabète de type 2, troubles cardiovasculaires et accidents vasculaires cérébraux).

Une étude publiée en 2008, a évalué l’effet de 8 semaines de méditation chez 52 participants répartis en 2 groupes (méditation et groupe témoin). À la fin des traitements, une diminution significative de la tension artérielle (plus de 10 % par rapport au groupe témoin) a été observée.

2/ Amélioration du système immunitaire

Les chercheurs ont aussi constaté qu’à la suite d’une vaccination antigrippe, le taux d’anticorps contre le virus de l’influenza était plus élevé chez les méditants que dans un groupe témoin.

3/ Diminuer les symptomes des femmes atteintes de fibromyalgie.

Une petite étude contrôlée (91 participantes) a été publiée en 2007. Une diminution significative des symptômes a été rapportée chez les participantes du groupe méditation immédiatement à la fin de 8 séances de méditation ainsi qu’après une période de 2 mois.

4/ De rapides effets sur la qualité du sommeil

Méditer offre une solution naturelle (immensément plus saine que l’utilisation de somnifère) à un trouble qui concerne occasionnellement un tiers de la population, et chroniquement 10 % de la population.

–         Une étude publiée dans le journal Neuropsychobiology (2012) a évalué 20 participants sur une période de 8 semaines : on a pu observer une diminution du taux sanguin de cortisol (hormone de stress) le matin. Les novices découvrant la méditation ont constaté une amélioration de leur sommeil dès  8 semaines de pratique de la méditation.

–         La méditation semble également aider une population d’adolescents. Une étude conduite par Bootzin et Stevens (2005) a été menée auprès de 55 adolescents (âgés de 13 à 19 ans) souffrant de problèmes de sommeil. Pendant 6 semaines, ces adolescents suivirent un programme de méditation : amélioration dans la durée  et de la qualité du sommeil.

–         Department of Family Medecine and Community Health, University of Minnesota, 2007 :

Résultats : sur 7 études cliniques portant sur l’effet de la méditation sur le sommeil, 3 études ont révélé une légère amélioration du sommeil chez les personnes qui méditent comparé aux groupes contrôles. Les 4 autres études ont observé une amélioration considérable dans la qualité et la durée du sommeil chez les personnes qui ont suivi le programme de méditation.

 5/ Cesser de fumer. Une étude pilote publiée en 2007 a étudié la pratique de la méditation auprès de sujets désirant cesser de fumer. Dix-huit personnes, fumant en moyenne 20 cigarettes par jour depuis 26 ans, ont participé à l’étude. Les sujets ont écouté sur un disque compact une séance de méditation de 45 minutes 1 fois par jour, 6 jours par semaine, pendant 8 semaines. Ils devaient entreprendre de cesser de fumer à la 7e ou 8e semaine. Six semaines après leur arrêt initial, 56 % des personnes avaient maintenu leur abstinence. Les sujets qui, au départ, démontraient un plus grand intérêt à apprendre la méditation ont eu un taux de réussite plus élevé.

6/ Dr Rosenfeld

Le Dr Frédéric Rosenfeld est Médecin psychiatre à  Lyon et  possède une grande expérience en matière d’applications cliniques de la méditation, notamment avec la publication de son livre «  Méditer c’est se soigner ».   La méditation est donc efficace pour des pathologies telles que :

–          l’hypertension artérielle,

–          le psoriasis,

–          la gestion de la douleur physique,

–         les acouphènes.

–         Chez les sportifs, les étudiants méditer permet d’augmenter les performances.

–          Mais elle est également efficace en tant que méthode de soutien pour les patients souffrant de maladies comme le cancer et le sida, car méditer peut être une aide importante pour gérer le stress dans les maladies graves ou les fins de vie.

–          Dans le domaine psychopathologique, des études sont en cours pour tester l’efficacité de la méditation dans la maladie bipolaire ou les dépressions  récidivantes, en dehors des périodes de dépression aigue, plutôt à titre de prévention de récidives.

7/ Diminution des coûts de santé.

–         Une étude québécoise publiée en 2000 a permis de constater que, sur une période de 6 ans, les coûts de santé des pratiquants de la méditation ont été en moyenne de 14 % inférieurs à ceux de non-méditants comparables. La méditation n’est probablement pas le seul facteur expliquant cet écart, mais elle y aurait contribué en bonne partie.

  • – Une autre étude, menée par le Dr David Orme-Johnson et publiée dans la revue “Psychosomatic Medicine” en 1987, a démontré que, chez les « méditants », les consultations médicales diminuent de 44 %, les maladies cardio-vasculaires de 87 %, les maladies infectieuses de 30 %.

La méditation facilite la guérison de nombre de pathologies, des rhumatismes aux troubles respiratoires, digestifs. Les méditants en constatent empiriquement les bienfaits : moins de rhumes, de grippes, d’eczémas, d’asthme par exemple, de réactions allergiques, inflammatoires et auto-immunes.

Evidemment, nombre de ces bienfaits viennent de l’aspect relaxant que toute méditation comporte. La méditation devrait donc être systématiquement intégrée dans les thérapeutiques soignant  les maladies dans lesquelles le stress joue un rôle important, voire causal.

MEDITATION ET BIEN-ETRE

Elargissons maintenant notre étude au bien-être dans une perspective plus globale. Car il faut bien comprendre que la guérison des symptômes n’est pas le but premier de la méditation. Son but premier est la sagesse.

Même les applications les plus médicales de la méditation ne prétendent pas directement « guérir ». Elles visent d’abord à diminuer les crispations mentales, l’irritabilité ou la morosité que causent les symptômes.

Une expérience musicale

 

Je vais vous proposer maintenant un intermède musical d’une à deux minutes, pendant lequel je vous demanderai de fermer les yeux et de ressentir la musique, ce qui représente plus qu’une simple écoute.

(  Musique :  extrait de l’Adagio du Concerto pour Flûte et Harpe de Mozart )

C’était un extrait du concerto pour Flûte et Harpe de Mozart.  Pouvez-vous partager ce que vous avez ressenti ?

Maintenant, je vous propose de réécouter ce bref extrait, mais cette fois en posant votre attention sur votre cœur, puis vous me décrirez votre ressenti de nouveau.

Pour moi, cette musique évoque puissamment quelque chose comme une immense ouverture, comme une lumière qui écarterait des nuages, et ceci sans limite aucune. C’est à peu près ce que l’on peut ressentir pendant la méditation, c’est pourquoi je l’ai choisie. Vous avez eu là un « parfum » de ce que procure la méditation sur le cœur Heartfulness.

Mais pourquoi les moines bouddhistes sont-ils si souriants ?

Plutôt que croire que les moines bouddhistes sont naturellement joyeux et calmes, tout porte à penser que leur pratique méditative favorise cet état d’esprit, cette ataraxie. Leurs ondes gamma sont inhabituellement présentes dans leur cerveau. Ces ondes très rapides de l’état de veille sont mises en jeu pendant les processus créatifs et la résolution des problèmes, activités particulièrement propices au bien-être. Méditer « musclerait » le cerveau gauche, responsable des émotions positives.

Concentration et attention plus soutenues : encore les ondes gamma

La pratique de la méditation permettrait de rester longtemps et efficacement concentré sur une tâche ou un problème à résoudre. Quand une personne est très concentrée, ses ondes cérébrales de fréquence gamma se synchronisent et s’amplifient naturellement.

Les auteurs d’une autre étude ont découvert que le cerveau des méditants expérimentés serait moins perturbé par des stimuli extérieurs, qu’il s’agisse de pensées ou d’émotions. Il pourrait ainsi mieux concentrer son activité sur les tâches prioritaires.

Plus de sentiments « positifs » : lobe préfrontal gauche

Quand on ressent des sentiments positifs (joie, curiosité, enthousiasme, fierté, etc.), l’activité électrique est prédominante dans une zone précise du cerveau (le cortex préfrontal gauche). Une étude a permis de découvrir qu’en état de méditation, cette zone s’active particulièrement.

C’est Eugene d’Aquili, puis son collègue Andrew Newberg, en 2001, qui ont pu identifier les régions cérébrales impliquées durant différentes pratiques religieuses traditionnelles. Des moines tibétains  ont accepté de méditer dans les scanners. Au moment d’atteindre le pic de leur méditation, l’étude rapporte que le cerveau des sujets montrait une augmentation d’activité dans le lobe préfrontal droit  ( émotions positives et concentration ) le système limbique  ( sentiment de bien-être ) ainsi qu’une diminution d’activité dans une région du lobe pariétal ( sentiment de dissolution du moi, d’unité avec le reste de l’univers ).

Plus de bonheur

 Le professeur Richard Davidson est Professeur de psychologie et de psychiatrie à l’Université du Wisconsin à Madison.  Il a étudié de près le cerveau de Matthieu Ricard, docteur en biologie cellulaire, moine bouddhiste et traducteur du Dalaï-Lama. Selon lui, si on peut s’entraîner pour jouer au tennis ou du piano, on peut aussi s’entraîner au bonheur, à la conscience, à la présence, à l’altruisme, à la bonté… On y parviendrait par la méditation, qui n’est rien d’autre que l’entraînement de l’esprit. Enfin, il croit que la méditation mène à l’action. Elle permet de construire d’abord sa force intérieure pour ensuite l’utiliser pour son propre bénéfice et celui de ses enfants, de sa famille, de ses amis et de toute la société.

Richard Davidson a conclut : «L’étude montre que lorsqu’il médite, son cerveau produit un niveau d’ondes gamma -liées à la conscience, l’attention, la mémoire… – jamais répertorié dans la littérature scientifique. […] L’activité de son cerveau lui procure une capacité anormale pour le bonheur et réduit sa propension aux pensées négatives».

 

Les chercheurs ont également provoqué une inflammation de la peau

(via une pommade à la capsaïcine) entraînant un stress psychologique aux participants, dont ils ont ensuite observé la réaction de leur système immunitaire et endocrinien.

Résultat : le programme basé sur la méditation s’est avéré plus efficace que celui pharmacologique classique pour diminuer le stress induit par l’inflammation cutanée.

Stress des anciens combattants 

L’armée américaine, en proie à un taux de suicides record parmi ses milliers d’anciens combattants, a décidé d’examiner la possibilité d’utiliser la méditation pour aider ses soldats à mieux combattre le stress.

Maîtriser ses réactions : le sursaut

Dès 1998, le professeur de psychologie Paul Ekman, qui dirige le laboratoire d’interaction humaine de l’université de Californie, à San Francisco, a fait des expériences avec un moine bouddhiste. Ekman avait découvert que plus une personne est sujette aux émotions négatives, plus elle sursaute. Au cours de tests, Ekman lui a fait entendre un bruit assourdissant, au seuil de la tolérance humaine – l’équivalent d’un gros pétard qui éclaterait à côté de l’oreille –, en lui demandant de réprimer son sursaut. Pas un muscle de son visage n’a bougé. « La détonation m’a parue faible, dit Öser, comme si j’entendais le bruit de loin. »

Selon Matthieu Ricard, moine bouddhiste et traducteur français officiel du Dalaï-Lama, qui parle de cette expérience dans son livre “Plaidoyer pour le bonheur” (Nil Éditions, 2003), cette prouesse démontre combien l’exercice quotidien de la méditation permet d’atteindre une équanimité des émotions – une égalité d’humeur – et une sérénité hors du commun. Ce n’est pas là un miracle religieux, mais le résultat d’un véritable entraînement mental à la portée de chacun.

 

Ecoles et violences

C’est ce que certaines écoles de Californie ont déjà commencé à appliquer, avec des programmes simples d’entraînement à la méditation pour les enfants et les adolescents. D’après leurs promoteurs, cette pratique serait, entre autres, un antidote efficace à la violence scolaire…

  RECHERCHE

Mode d’action  génétique 

Outre l’activation su système nerveux autonome parasympathique, grand pourvoyeur de détente, les chercheurs ont mis en évidence un mode d’action génétique de la méditation.C’est une nouvelle preuve des changements que la pratique de la méditation provoque au niveau moléculaire. Elle vient de nous être fournie par un groupe de six chercheurs travaillant aux universités du Wiconsin-Madison, Barcelone et Lyon.

Les chercheurs ont détecté chez des sujets bien expérimentés en méditation,   une réduction de l’expression des gènes directement impliqués dans les processus inflammatoires (RIPK2 et COX2). Il y aurait bien, comme pour le cerveau, une certaine plasticité de notre système génétique.

La  méditation pourrait ainsi trouver pleinement sa place dans l’arsenal  thérapeutique des processus inflammatoires.

 

Expérimentation et méditation :

 

Il y a des mots comme ça qui résonnent profond, infini, définitif, des mots qui questionnent. En voici un : guérison : « disparition complète des symptômes d’une maladie avec retour à l’état antérieur ». Il s’agit donc d’un recouvrement de la santé ( en anglais : recovery ).

Ce qui interpelle aussitôt c’est ce « retour à l’état de santé antérieur ». Si tel est le cas, la guérison n’est jamais possible… car l’état antérieur ne peut exister dans notre présent, de même qu’on ne peut faire revenir le passé.

Mais la maladie, la souffrance, la douleur, les épreuves, peuvent sans doute nous guérir de quelque chose, pour peu que nous leur prêtions attention et que nous les mettions à profit. Il en irait même de la logique intrinsèque de la maladie dans une perspective spiritualiste.

Prenons un exemple concret. Je suis atteint d’un cancer, je consulte, suis consciencieusement mes soins, souffre, espère, désespère… et puis je guéris. Enfin, c’est ce que le corps médical me dit. Mais mon corps à moi, que dit-il ? Est-il redevenu le même qu’avant cette grande épreuve ? Certainement pas ! Les séquelles sont là : douleurs, névrites, fatigues, indispositions digestives et autres stigmates. Si le retour à l’état antérieur est la guérison, je ne guéris jamais vraiment, pas même d’une grippe. D’une manière ou d’une autre mon corps se souviendra.

… Quid de mon âme, de mon esprit, de  ma conscience ? Comment puis-je sortir de cet accès de maladie, accès qui peut très bien se répéter, ou bien  même s’installer, je le sais ? Si cet épisode m’a appris quelque chose, que m’a-t-il appris ?

Le corps donc ne guérit jamais, mais la maladie peut nous donner l’opportunité de guérir ailleurs, et cette guérison-là, est possible. Elle nous est révélée alors que nous  vivions dans l’ignorance d’être malade. Notre esprit était malade, mais nous ne le savions pas. Nous prenons la mesure de cette maladie uniquement dans la grâce de sa guérison. C’est une re-naissance. Une naissance à quelque chose de plus grand, plus vaste, plus doux. Encore faut-il mettre à profit la maladie de notre corps, encore faut-il ne pas y succomber. Si notre corps a la chance de guérir, au sens commun du terme, nous pouvons re-vivre, naître une deuxième fois.

Là se trouve l’immense cadeau de la méditation sur le cœur : nous faire vivre les évènements douloureux de notre vie en conscience, les prendre comme une chance, un tremplin, un soin, en retirant la peur.

La peur agit comme un voile qui rend invisible la Lumière que recèle l’épreuve. Enlevez la peur, ne reste que l’épreuve et l’acceptation de l’épreuve. Travaillez sur l’acceptation, jaillit la Lumière.

Voyons comment peut s’opérer ce miracle, et voyons comment la  nature nous donne tous les outils pour vivre cette alchimie de la transmutation souffrance-libération. C’est du côté des expérimentations sur le cerveau des méditants que nous trouverons des pistes de réponses.

 

   Des expériences sur des novices

  

Tania Singer, spécialiste mondiale de l’empathie, et ses collègues, Richard Davidson ( université de Madison ) et Antoine Lutz ( CERN de Lyon ) ont entrepris une étude qui vise à entraîner pendant une année 200 volontaires novices à l’empathie et la compassion, et d’observer sous scanner les modifications cérébrales de certaines zones.

A raison de vingt minutes de méditation par jour sur la compassion, méditation proche dans ses principes de la méditation sur le cœur Heartfulness, dès la huitième semaine, les examens révèlent :

  • – que l’amygdale, aire liée à l’agressivité et à la peur, diminue en densité ;
  • – que les zones reliées à l’empathie, comme l’insula sont activées et augmentent structurellement, avec davantage de connexions neuronales.

Si d’autres expériences avaient déjà montré que la méditation était capable de modifier le fonctionnement du cerveau en activant certaines zones et en mettant au repos d’autres régions, cette magnifique expérience menée par Tania singer et son équipe nous montre que la méditation est tout a fait capable de modifier la structure-même du tissu cérébral, en « musclant » certaines zones. Tous se passe comme si, grâce à la pratique de la méditation et à l’augmentation des connexions neuronales qu’elle permet, le tissu cérébral devenait plus dense : c’est la neuroplasticité du cerveau.

Fait remarquable : la zone concernée par nos peurs, nos aversions, à savoir l’amygdale cérébrale, étant moins souvent sollicitée grâce à l’apprentissage et à la pratique régulière de la méditation, sa structure s’en trouve moins dense, moins riche en connexions, traduction de la diminution de nos réflexes de peur, de rejet, de méfiance.

Voici établie la traduction physiologique et même anatomique de notre pratique méditative.

Mais quelque part, au fond de mon cœur, naît un regret : celui de voir mettre en équations, en courbes, en graphiques, la magie de la méditation, sa poésie, son mystère. Fort heureusement, l’homme ne pourra jamais chiffrer la beauté de notre cœur, l’efficience de son amour infini.

 

HEARTFULNESS  ou méditation du cœur  une méthode simple et accessible à tous

Permettez-moi maintenant de présenter la méditation que je pratique depuis près de 40 ans : Heartfulness ou méditation du cœur.

La méditation se fait de préférence dès le réveil, et consiste à s’assoir dans une position confortable, yeux clos et à émettre l’idée que nous recevons l’énergie  dans la région de notre cœur, sous forme d’une lumière qui diffuse dans tout notre corps à partir de notre cœur. Les idées parasites qui ne manquent pas de se présenter doivent être considérées comme des «  hôtes indésirables ». Il suffit, lorsqu’une idée nous entraîne, de revenir doucement sur cette idée de lumière dans le cœur.

La méditation Heartfulness est enseignée gratuitement dans le monde entier.

Chacun peut obtenir un suivi, une documentation plus poussée en consultant le site internet fr.heartfulness.org.

Des formateurs sont bénévolement à la disposition des pratiquants pour les guider à leurs débuts et tout au long de leur pratique.

Heartfulness propose ses services gratuitement dans les entreprises ( IBM, VW, Samsung, Dell… ) les Universités ( en France : la Sorbonne, Perpignan, Toulon,  mais aussi universités d’autres pays d’Europe, d’Inde et des USA…)  les hôpitaux et les institutions religieuses. Il peut s’agir de simples présentations ou bien de programmes plus complets avec initiation sur plusieurs sessions.

La pratique, étant non religieuse, est accessible à tous, laïques, athées, agnostiques et religieux, et ne demande aucune capacité physique ou intellectuelle particulière : seule la volonté de méditer entre en jeu.

   Mon expérience personnelle

 

Lorsque j’ai rencontré la méditation Heartfulness, ce fut une véritable révélation pour moi : cette pratique a correspondu d’emblée et en tout point à ce à quoi j’aspirais : pas de rituel, une pratique simple, ouverte et accessible à tous, ne demandant pas de capacités physiques ou intellectuelles particulières.

La méditation Heartfulness n’exige rien, elle propose. Elle est un chemin de Lumière que seule l’expérience peut révéler sous nos pas. Pour moi, elle a été la cause des  plus grandes joies de ma vie, des plus beaux moments de plénitude, des moments en somme où je me suis senti le plus «  vivant ». Car c’est ainsi que l’on peut résumer cette méditation : elle est ce qui nous relie le plus directement à la source de la vie, à l’amour.

La méditation est une pratique individuelle, et ce n’est qu’animé d’un esprit tout à fait sincère que l’on peut en recueillir les fruits. Cette pratique ne vous évitera pas toutes les épreuves de la vie, mais elle vous aidera grandement à les surmonter, à les vivre le cœur et l’esprit plus légers et mettra en vous les ressources positives pour les dépasser. Quant aux joies, elles seront sans doute  goûtées plus sereinement.

Je forme ici de tout mon cœur les vœux pour que cette noble voie éclaire longtemps et de plus en plus l’existence des hommes.

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2 commentaires sur « Méditation, bien-être et santé »

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