Méditation, soins palliatifs et fin de vie

                                            Méditation, soins palliatifs et fin de vie  ( Planche 1 )

A-  Introduction

Bonjour et merci d’être venus nombreux pour soutenir cette réflexion sur la dimension spirituelle des Soins Palliatifs et de la fin de vie en général, soins auxquels bon nombre d’entre nous aurons un jour sans doute à vivre  à titre personnel, soyons-en conscients. Si nous sommes tous différents, de par notre parcours de vie, notre éducation, nos croyances, notre hérédité, il est cependant un domaine où ces différences tendent vers zéro : celui de la mort, que je préfère nommer, pour ne rien exclure à priori de ce grand mystère,  fin de notre vie physique.

Pour nous, soignants ou simples accompagnants des ces êtres qui voient, plus ou moins consciemment, approcher le moment où il leur faudra quitter ce monde, il nous semble en effet être notre devoir de nous poser la question  : comment avoir l’attitude juste, comment être à même de répondre le plus exactement possible aux demandes, exprimées ou non exprimées, de ces personnes que notre chemin croisera ? Dans ce cadre, est-il légitime de continuer à considérer la spiritualité comme une sorte de tabou, comme un domaine réservé à des professionnels de la religion qu’en aucun cas nous ne devrions aborder ? Ne sommes-nous pas d’abord, dans cette occasion si spéciale, de simples hommes en présence de nos prochains, et ne devons-nous pas essayer de répondre dans tous les domaines à ces personnes que la vie nous demande d’accompagner pendant leurs derniers jours ?

Nous envisagerons dans cet exposé les différentes manières d’aborder l’élément spirituel dans cet espace de fin de vie, sans être intrusif, ni prendre le risque du jugement, mais bien en étant simplement des accompagnants qui offrent les outils éventuels pouvant répondre aux attentes des patients.

Voyons tout d’abord quelques définitions de l’intitulé.

B-  Définitions

1-    Les Soins Palliatifs

Les soins palliatifs sont des soins actifs, évolutifs, délivrés dans une approche globale de la personne atteinte d’une maladie grave, évolutive ou terminale. L’objectif des soins palliatifs est de prévenir et de soulager les douleurs et l’inconfort physique mais aussi de prendre en compte la souffrance psychologique, sociale et spirituelle par une prise en charge pluridisciplinaire dans le respect de la personne.

Il est important de comprendre que les soins palliatifs ne sont pas forcément synonyme de « soins de fin de vie » comme cela est trop souvent compris. Ainsi, les patients pouvant bénéficier de ces soins peuvent être ceux qui ont l’espérance de vivre encore quelques mois ou quelques années malgré une maladie au pronostic inéluctable.

On dit souvent des soins palliatifs qu’ils sont « tout ce qu’il reste à faire, quand il n’y a plus rien à faire ». Les soins palliatifs cherchent en outre à limiter les ruptures de prise en charge en veillant à :

–          la bonne coordination entre les différents acteurs du soin.

–          éviter les investigations et certains traitements déraisonnables s’ils ne peuvent faire espérer une amélioration de confort.

–          accompagner les proches.

–          Les SP se refusent de provoquer délibérément la mort.

Vous l’avez compris, les SP cherchent à s’affranchir du cadre traditionnel d’une médecine techniciste et scientifique, et envisagent la mort comme un phénomène naturel de la vie.

La pionnière dans ce domaine est Cicely Saunders (1918-2005).  ( PP 2 )

En France, il a fallu attendre 1986, pour la reconnaissance des SP avec la circulaire Laroque. Depuis 1991,  l’accès aux SP est présenté comme un droit des malades . L’accès de ceux-ci reste malheureusement inégal sur le territoire national.

Les médecins français restent peu formés  en matière de soins palliatifs et il reste de grands progrès à faire pour développer leur accès. Pour le dr Jean François Combe, président de l’Accompagnement Soins Palliatifs ( ASP fondatrice )

«  Il est inadmissible qu’en France en 2016, 80% des personnes qui ont besoin de soins palliatifs n’y aient pas accès ».

En France, on distingue habituellement :

  • Les Unités de Soins
  • Les Équipes Mobiles de Soins Palliatifs qui interviennent soit au sein des services soit à domicile
  • Les Réseaux de maintien à domicile,
  • D’autres structures comme l’ Hospitalisation à domicile

2-    Fin de vie  

 

Traditionnellement, l’expression était usitée :

  • au stade avancés d’une vieillesse, avec ses complications pathologiques dont on pouvait mourir rapidement,
  • au moment de l’agonie, pour inciter à appeler les instances religieuses afin de se préparer à la mort.

La notion de fin de vie n’est en fait pas dissociable des croyances qui se rapportent à la vie : la vie ne contient-elle que la vie physique ou bien a-t-elle un prolongement au-delà, dans les sphères de la vie spirituelle de l’âme ? Cette question  oriente forcément notre action au chevet des mourants.

L’essor de la réanimation va bouleverser progressivement les règles de la fin de vie :

–          Le lieu : la fin de vie – du moins dans les pays dits « riches » – se déplace progressivement du domicile vers l’hôpital : aujourd’hui, plus des 3/4 meurent en institution spécialisée.

–           Le temps : les progrès notoires de la réanimation posent des problèmes nouveaux. Ils « ressuscitent » des patients dans des situations jusque-là désespérées.

–          L’action : une fois la réanimation engagée, il devient bien plus difficile d’arrêter le traitement. Là encore, le progrès devient indissociable de la réflexion  éthique et du sens de notre action éventuelle.

C’est donc bien cette question du sens que nous allons envisager dans cet exposé.

3-    Définition de la Méditation

La racine latine «  mederi = soigner », évoque déjà la notion du soin thérapeutique, mais présente le risque de limiter le champ d’action de la méditation. Je vais vous donner ma définition propre, qui pour moi est acceptable :

   Méditer, c’est s’absorber profondément dans une pensée.

Je préfère le mot absorption que concentration qui renvoie à un effort, une pression du mental. Le mot pensée reste néanmoins gênant puisque, pendant la méditation,  notre mental se calme et peut devenir tout à fait silencieux. La méditation n’en reste pas moins une activité qui mobilise notre mental pour l’orienter vers l’intérieur… toutes circonvolutions qui montrent qu’on ne peut résumer en une formule ce qu’est la méditation.

Le résultat de la Méditation demeure dans le domaine de l’ineffable, de l’inénarrable, et les mots trahissent toujours l’expérience vécue. Les personnes qui pratiquent la méditation vous le confieront : la méditation est une expérience agréable et tout à fait apaisante !

Entrons maintenant dans le vif su sujet et envisageons les SP dans une perspective spirituelle.

C-  Liens entre SP, fin de vie et spiritualité

La démarche de SP cherche à prendre réellement en charge le patient dans toute sa réalité physique, psychique et spirituelle.

  • – Au niveau physique : contrôle de la douleur et diminuer l’inconfort du patient.
  • – Au niveau psychologique : si le plus souvent, on peut diminuer la douleur, il est parfois impossible de la supprimer complètement. La douleur est un phénomène complexe, souvent aggravé par ce que l’on vit intérieurement : la colère, l’angoisse, la frustration. Naît alors la souffrance proprement dite et le besoin d’y remédier.
  • – Au niveau spirituel : véritable besoin pour la plus part des malades, la demande spirituelle reste trop souvent évitée.

 Les besoins spirituels du patient en SP

 

Ce que vit le patient au plan spirituel connaît  actuellement un intérêt croissant.

Dans l’étude menée par Mac Cord, 83% des personnes interrogées souhaitent que les médecins traitants posent des questions sur leurs croyances spirituelles, du moins dans certaines circonstances.

En tant que soignant nous devons être attentifs à  repérer les demandes d’ordre spirituel et à ne pas les mélanger avec des besoins psychologiques. Loin de nous l’idée de prendre la place de l’aumônier, du rabbin ou de l’imam, mais il n’est pas rare qu’un patient tende une perche, et dans ce cas, il nous faut la saisir et nous accrocher à la certitude que ce temps de la fin de vie a du sens.

Qu’est-ce que la spiritualité?

 

Une revue de la littérature médicale révèle 92 définitions différentes de la spiritualité, réparties en sept catégories ! Nous pouvons néanmoins tenter quelques définitions :

 

  • La spiritualité est une démarche de l’homme se caractérisant par la recherche d’un sens et d’un but pour son existence. Cette recherche de sens peut être fondée sur des croyances ( le plus souvent religieuses ), ou sur une attitude philosophique ou scientifique.
  • Dans L’esprit de l’athéisme, André Comte-Sponville définit la spiritualité comme notre rapport fini à l’infini.

 

La dimension du sens

Frankl considère la souffrance comme un tremplin potentiel pour ressentir à la fois le besoin d’un sens et le trouver. Pour cet auteur, l’homme n’est pas détruit par la souffrance. Il est détruit par la souffrance qui n’a pas de sens. Tel est le cas de la détresse spirituelle.

Détresse spirituelle

L’annonce d’une maladie grave peut entraîner le début ou l’approfondissement d’une démarche spirituelle.

Inversement, elle peut entraîner un arrêt d’une telle démarche. On parle de détresse spirituelle qui interrompt toute recherche d’un sens pour sa vie et s’inscrit le plus souvent dans le cadre de la douleur totale.

Quelques conseils pratiques pour aborder la spiritualité du patient

De nombreux spécialistes soulignent l’importance d’explorer systématiquement les attitudes et besoins spirituels des patients. Il existe diverses questions pouvant être posées au patient et qui peuvent être d’une grande aide pour les soignants.

–          Chochinov :

Y a-t-il des aspects concernant les derniers stades de votre maladie que vous aimeriez discuter?

–          Frick :

Vous décrivez-vous au sens le plus large du terme comme une personne croyante,

spirituelle/religieuse?

Quelle est la place de la spiritualité dans votre vie? Quelle est son importance dans le contexte de votre maladie?

Etes-vous intégré dans une communauté spirituelle?

Quel rôle souhaiteriez-vous donner à votre docteur, infirmière, physiothérapeute dans le domaine de la spiritualité?

Des échelles ont été validées par les chercheurs, comme celle de Petermann : «  Functional Assessment of Chronic Illness Therapy Scale-Spirituality (FACIT-SP) »

Voici un exemple de questionnaire  : ( estimation par le patient de 0 à 4 )

Je me sens en paix

J’ai une raison de vivre

J’ai eu une vie bien remplie

Je sens que ma vie a un but

Je peux trouver du réconfort en cherchant au fond de moi

Je trouve le réconfort  dans ma foi

Dans le cadre de cette démarche spirituelle, la méditation nous apparaît particulièrement intéressante à envisager. Elle représente en effet  l’expérience spirituelle intime, commune à toute démarche spirituelle,  religieuse ou non, le véritable terrain de communication entre les courants spiritualistes, abordable dans tous les cas au chevet du malade, sans risque de heurter ses croyances ou pratiques religieuses.

D-   Méditation et SP

 

Dans la relation accompagnant-patient le non verbal est primordial : manière d’être, ton de la voix, regards bienveillants sont autant de messages pouvant être apaisants pour le patient et enrichir sa relation avec le soignant. Dans le partage du silence de la méditation, le patient peut expérimenter la présence,  « l’être là », corps et âme.

La méditation agit favorablement aux trois niveaux que les SP ont pour mission de prendre en charge :  physique, psychique et spirituel.

1-   bienfaits physiques de la méditation :

 Il faut être clair : aucune pratique méditative ne prétend être, en soi, une thérapie. La guérison vient « de surcroît ». Il n’y a pas d’indications thérapeutiques officielles. Cependant, depuis une trentaine d’années, de multiples études scientifiquement irréprochables ont trouvé des vertus tout à fait concrètes à la méditation.

La liste des maladies où la méditation s’est montrée utile ne cesse de s’allonger, même s’il faut se prémunir de la tentation d’affirmer que la méditation guérit tout et n’importe quoi… Pour nous, il s’agit de nous rapprocher de l’idée d’une « médecine participative » : elle conduit le patient à s’engager personnellement vers de plus hauts niveaux de bien-être.

Le nombre d’hôpitaux et cliniques dans le monde qui proposent des programmes basés sur la méditation augmente chaque année. J’ai le sentiment que la culture médicale française résiste quelque peu, mais les choses sont apparemment en train de changer.

Voici quelques effets positifs reconnus officiellement par la communauté scientifique :

        Amélioration du système immunitaire

Les chercheurs ont  constaté qu’à la suite d’une vaccination antigrippe, le taux d’anticorps contre le virus de l’influenza était plus élevé chez les méditants que dans un groupe témoin.

         De rapides effets sur la qualité du sommeil

Méditer offre une solution naturelle (immensément plus saine que l’utilisation de somnifère) à un trouble qui concerne occasionnellement un tiers de la population, et chroniquement 10 % de la population.

–          Une étude publiée dans le journal Neuropsychobiology (2012) a évalué 20 participants sur une période de 8 semaines : on a pu observer une diminution du taux sanguin de cortisol (hormone de stress) le matin. Les novices découvrant la méditation ont constaté une amélioration de leur sommeil dès  8 semaines de pratique de la méditation.

–          La méditation semble également aider une population d’adolescents. Une étude conduite par Bootzin et Stevens (2005) a été menée auprès de 55 adolescents (âgés de 13 à 19 ans) souffrant de problèmes de sommeil. Pendant 6 semaines, ces adolescents suivirent un programme de méditation : amélioration dans la durée  et de la qualité du sommeil.

–          Le Department of Family Medecine and Community Health, ( University du Minnesota, 2007 ) : sur 7 études cliniques portant sur l’effet de la méditation sur le sommeil, 3 études ont révélé une légère amélioration du sommeil chez les personnes qui méditent comparé aux groupes contrôles. Les 4 autres études ont observé une amélioration considérable dans la qualité et la durée du sommeil chez les personnes qui ont suivi le programme de méditation.

Le Dr Frédéric Rosenfeld est Médecin psychiatre à  Lyon et  possède une grande expérience en matière d’applications cliniques de la méditation, notamment avec la publication de son livre «  Méditer c’est se soigner .  Pour lui, la méditation devrait être systématiquement intégrée dans les thérapeutiques soignant  les maladies dans lesquelles le stress joue un rôle important, voire causal.

Mode d’action  génétique 

C’est une nouvelle preuve des changements que la pratique de la méditation provoque au niveau moléculaire. Elle vient de nous être fournie par un groupe de six chercheurs travaillant aux universités du Wiconsin-Madison, Barcelone et Lyon.

Les chercheurs ont détecté chez des sujets bien expérimentés en méditation,   une réduction de l’expression des gènes directement impliqués dans les processus inflammatoires (RIPK2 et COX2). Il y aurait bien, comme pour le cerveau, une certaine plasticité de notre système génétique.

La  méditation pourrait ainsi trouver pleinement sa place dans l’arsenal  thérapeutique des processus inflammatoires.

2-      bienfaits psychiques :

       a- Tania Singer , spécialiste mondiale de l’empathie, et ses collègues, Richard Davidson ( université de Madison ) et Antoine Lutz ( CERN de Lyon ) ont  entrepris une étude qui vise à entraîner 200 volontaires novices à l’empathie et la compassion.

A raison de vingt minutes de méditation par jour sur la compassion, dès la huitième  semaine, certaines zones du cerveau commencent à changer. Dans le cas de la méditation sur la bienveillance, par exemple, l’amygdale, aire liée à l’agressivité et à la peur, diminue en densité. Au contraire, l’insula, zone reliée à l’empathie, est activée et augmente structurellement, avec davantage de connexions neuronales.

On comprend tout l’intérêt que présente la méditation dans ces dernières épreuves :

–          Pour le patient : la peur diminue

–          Pour le soignant : l’empathie, qui n’est autre qu’un début d’amour, est renforcée, garante d’une meilleure relation avec les malades.

b- Pourquoi les moines bouddhistes sont-ils si souriants : les ondes gamma

Plutôt que croire que les moines bouddhistes sont naturellement joyeux et calmes, tout porte à penser que leur pratique méditative favorise cet état d’esprit, cette ataraxie. Leurs ondes gamma sont inhabituellement présentes dans leur cerveau. Ces ondes très rapides de l’état de veille sont mises en jeu pendant les processus créatifs et la résolution des problèmes, activités particulièrement propices au bien-être.

c-      Plus de sentiments « positifs » : lobe préfrontal gauche

Quand on ressent des sentiments positifs (joie, curiosité, enthousiasme, fierté, etc.), l’activité électrique est prédominante dans une zone précise du cerveau (le cortex préfrontal gauche). Une étude a permis de découvrir qu’en état de méditation, cette zone s’active particulièrement.

d- Stimulation du système autonome parasympathique

le système parasympathique est source de calme, à l’opposé du système sympathique qui est responsable du stress : le cœur ralentit, la tension artérielle baisse, la transpiration diminue et la salivation augmente… les effets de cette activation sont considérables notamment au niveau immunitaire.

3-      bienfaits  spirituels

–          Empathie du soignant : Nous avons vu plus haut que la méditation  renforçait le sentiment d’empathie, en fait l’amour entre les êtres. Cet amour, dans une perspective spirituelle, fera éviter au soignant la souffrance compassionnelle, et l’aidera à trouver l’attitude juste devant la souffrance du malade.  Certaines expériences sur ce thème ont d’ailleurs été menées avec Mathieu Ricard.

–          Retirer la peur et accéder à la Lumière intérieure : Là se trouve l’immense cadeau de la méditation. C’est ce que nous avons vu plus haut, en mettant en silence relatif notre amygdale cérébrale.

La peur agit comme un voile qui rend invisible la Lumière que recèle l’épreuve de la maladie. Enlevez la peur, ne reste que l’épreuve et l’acceptation de l’épreuve. Travaillez sur l’acceptation, jaillit la Lumière. La méditation représente donc un outil essentiel pour vivre cette alchimie de la transmutation souffrance-libération.

C’est bien à cette lumière intérieure que nous avons accès avec la méditation, et à laquelle progressivement nous pouvons nous identifier de plus en plus. Le malade, devant le délabrement général de son organisme, peut alors se connecter à cette part de lui-même qui reste intact, voire qui continue de s’épanouir en lui : cela lui vaudra consolation et réconfort.

La méditation du coeur en particulier, qui relie directement à l’amour, favorise l’émergence ou la sauvegarde d’un sentiment intérieur de béatitude. Permettez-moi de vous la présenter brièvement.

E-    Méditation du cœur : Heartfulness

Choisissez un siège confortable, dans un lieu de votre habitat où vous pouvez vous retirer dans le calme, sans être dérangé. Débranchez ou bien éloignez votre téléphone portable, fermez les yeux et entrez dans votre pratique. Rien n’est plus simple – et c’est peut-être cette simplicité extrême qui peut dérouter le débutant.

Il suffit de porter son attention sur l’idée de lumière dans notre cœur. Inutile de la visualiser en tant que bougie, ampoule ni même lueur, il s’agit simplement d’émettre intérieurement l’idée que cette lumière existe dans notre cœur, qu’elle vous attire vers l’ontérieur de vous,  et de laisser se déployer en nous le processus. Des pensées ne manqueront pas de surgir, tant notre mental est peu accoutumé à « décrocher » de son activité. Dès que nous nous apercevons qu’une pensée nous entraîne dans son sillage et accapare notre esprit, il nous suffit de replacer notre attention sur cette lumière dans notre cœur. Cette gymnastique mentale sera plus facilement opérationnelle au fur et à mesure que nous en prendrons l’habitude, deviendra en quelque sorte un automatisme.

Ainsi votre méditation, qui peut durer de 20 à 45 mn selon votre disponibilité et votre motivation du moment, va se dérouler en moments successifs où votre attention alternera entre pensées et lumière dans le cœur. Progressivement, les pensées vont s’estomper et la lumière prédominera jusqu’à vous absorber complètement. C’est une question d’habitude et d’entraînement. Ne vous découragez surtout pas si vos pensées sont très prégnantes à vos débuts et mettez votre confiance dans le processus lui-même : les résultats ne tarderont pas à se faire sentir tant dans vos méditations que dans votre vie. ( planche 18-19 )

   Qui peut m’aider à méditer ?

La méditation Heartfulness est enseignée gratuitement dans le monde entier  grâce aux activités d’une ONG présente à l’ONU et reconnue d’utilité publique dans plusieurs pays ( Inde, USA, Danemark… ).

Chacun peut obtenir un suivi, une documentation plus poussée en consultant le site internet fr.heartfulness.org.

Des formateurs sont bénévolement à la disposition des pratiquants pour les guider à leurs débuts et tout au long de leur pratique.

Heartfulness propose ses services gratuitement dans les entreprises ( IBM, VW, Samsung, Dell… ) les Universités ( en France : la Sorbonne, Perpignan, Toulon,  mais aussi universités d’autres pays d’Europe, d’Inde et des USA…)  les hôpitaux et les institutions religieuses. Il peut s’agir de simples présentations ou bien de programmes plus complets avec initiation sur plusieurs sessions.

La pratique étant non religieuse est accessible à tous, laïques, athées, agnostiques et religieux, et ne demande aucune capacité physique ou intellectuelle particulière : seule la volonté de méditer entre en jeu.

   Mon expérience personnelle

J’ai rencontré la méditation Heartfulness voilà près de quarante ans déjà, et ce fut une véritable révélation pour moi : cette pratique a correspondu d’emblée et en tout point à ce à quoi j’aspirais au niveau spirituel : pas de rituel, une pratique simple, ouverte et accessible à tous, ne demandant pas de capacités physiques ou intellectuelles particulières.

La méditation Heartfulness n’exige rien, elle propose. Elle est un chemin de Lumière que seule l’expérience peut révéler sous nos pas. Pour moi, elle a été la cause des  plus grandes joies de ma vie, des plus beaux moments de plénitude, des moments en somme où je me suis senti le plus «  vivant ». Car c’est ainsi que l’on peut résumer cette méditation : elle est ce qui nous relie le plus directement à la source de la vie, à l’amour.

La méditation est une pratique individuelle, et ce n’est qu’animé d’un esprit tout à fait sincère que l’on peut en recueillir les fruits. Cette pratique ne vous évitera pas toutes les épreuves de la vie, mais elle vous aidera grandement à les surmonter, à les vivre le cœur et l’esprit plus légers et mettra en vous les ressources positives pour les dépasser. Quant aux joies, elles seront sans doute  goûtées plus sereinement.

 

Conclusion

 

La fin de la vie physique représente pour la plus part de nous une épreuve décisive, l’ultime épreuve, celle du passage vers ce qui reste de toute façon l’inconnu. La vie, à travers la méditation, peut nous offrir pourtant un outil pour vivre en conscience et le plus sereinement possible ce temps dernier.

Au-delà des croyances religieuses, des convictions philosophiques, athéiste ou agnostique, de l’appui technique de la science médicale, la méditation reste une voie simple, naturelle, à la portée de tous, qui peut nous accompagner tout au long de notre vie, et plus encore à l’approche de son terme.

Pour l’équipe soignante des SP, elle est à même de répondre à ce besoin de vérité, particulièrement aigu à la fin de la vie. Les masques tombent, ne reste que l’être dans tout  son dénuement. A nous de lui permettre de se révéler dans la splendeur du cœur.

Merci.

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