Méditation et religions, fin : la méditation bouddhiste

                                          La méditation bouddhiste

 

Le bouddhisme est en vogue en occident. On le voit facilement comme promesse de paix et d’harmonie, et comme une opportunité de développement personnel. Quand vous entendez dire le mot « Bouddhisme » autour de vous, je suis sûr que la première image qui vous vient à l’esprit est celle d’un moine en train de méditer !

Le bouddhisme est, selon les points de vue en Occident, une religion  ou une philosophie, voire les deux, dont les origines remontent en Inde au Ve siècle av. J.-C. à la suite de l’éveil de Siddhartha Gautama et de son enseignement.

Le bouddhisme comptait en 2005 entre 230 millions et 500 millions d’adeptes, ce qui en fait la quatrième religion mondiale, derrière (dans l’ordre décroissant) le christianisme, l’islam, et l’hindouisme.

Pour le bouddhisme les « trois poisons » à l’origine de l’absence de paix sont :

–                l’avidité . En effet, la cause la plus palpable de notre souffrance, c’est le désir que nous avons de choses éphémères auxquelles nous attribuons une qualité permanente. Or, pour le bouddhisme, tout, y compris l’existence, est impermanent, voire illusion. Nos sens nous trompent : une mouche voit par ses nombreuses facettes oculaires, un cheval voit beaucoup plus grand que nous, certains animaux entendent les ultrasons… notre perception de la réalité est assujettie à nos organes des sens et donc forcément limitée, sinon faussée.

–               L’ignorance : c’est être inconscient que tout est lié. Pour le bouddhiste, tout est Un et la science actuelle ne fait que conforter cette compréhension de la nature en débusquant chaque jour des nouvelles connexions entre les êtres vivants, les particules, les champs électromagnétiques etc….

–               Cette ignorance engendre la cupidité et la haine  qui nous poussent à chercher la satisfaction de nos désirs  au prix de la souffrance d’autrui.

Pour le bouddhiste, la paix intérieure  est atteinte par une série de méditations et de préceptes visant à une non-violence radicale.

Mais la paix intérieure n’est pas l’apathie. Il est essentiel de ne pas confondre sérénité et apathie. L’une des caractéristiques d’une pratique spirituelle stable est l’invulnérabilité aux conditions extérieures, favorables ou défavorables. On compare l’esprit du pratiquant à une montagne que les vents ne peuvent ébranler : il n’est ni tourmenté par les difficultés ni exalté par le succès. Mais cette équanimité intérieure n’est pas non plus indifférence. Elle s’accompagne d’une véritable jubilation intérieure et d’une ouverture d’esprit qui se traduit par un altruisme à toute épreuve.

L’Enseignement du Bouddha est généralement reconnu comme une voie royale vers la paix, car, de quelque côté que l’on se tourne dans les Textes, il n’est en fait jamais question d’autre chose que de pacification. Le Bouddha lui-même nous démontre la possibilité de parvenir à une telle pacification. Pour le bouddhisme la source des conflits se situe à l’intérieur de nous-mêmes, dans nos habitudes mentales néfastes, plutôt qu’à l’extérieur.

Les techniques de méditation bouddhiste

Deux techniques majeures dans la méditation bouddhiste : Samatha et Vipassana.

   Samatha 

signifie littéralement la paix ou la tranquillité. Cette méthode est la première étape des pratiques de méditation bouddhique et a pour objectif de maitriser l’esprit, et d’augmenter la concentration.

Le développement de samatha permet de purifier l’esprit des cinq souillures mentales ou empêchements :

·               le désir sensuel

·               la colère

·               la torpeur

·               l’agitation

·               le doute

Le développement de la tranquillité consiste à méditer en se concentrant sur un point fixe tel que la respiration.  Mais Samatha peut être pratiquée avec d’autres objets, et le bouddhisme en mentionne quarante différents ; citons, entre autres :

  Les dix remémorations

dont le souffle, qui est la méthode largement la plus pratiquée.

  Les quatre attitudes vertueuses

Ou les « quatre incommensurables ». Il s’agit  de se concentrer sur un état d’esprit, sur une émotion que l’on souhaite développer. Ici, il ne s’agit pas seulement de se concentrer, mais de développer certaines qualités qui sont :

–           La bienveillance,

–           la compassion,

–           la joie sympathique,

–          l’équanimité.

   Les mantras

C’est la répétition de mots ou de formules qui permet de calmer le mental et d’entrer en contact avec la Réalité. Nous retrouvons cette technique des mantras dans la plupart des autres religions.

Vipassana 

 

   Signifie littéralement « inspection profonde ». Selon cette méthode, une personne doit voir les choses comme elles existent réellement et doit se libérer de toutes les aversions qui peuvent affecter son jugement rationnel. Cette méthode permet d’atteindre l’ultime objectif de l’illumination. Il existe 18 sortes d’inspection, citons :

–          Contemplation de l’aversion

–          Contemplation du détachement

–          Contemplation du renoncement

–          Contemplation de l’état d’être sans désir

–          Contemplation de la vacuité…

   Les dix souillures de l’inspection

Durant la pratique de vipassanā, le méditant développe des « motifs de souillure », ainsi appelés parce qu’ils pourraient être confondus avec l’éveil. Ce ne sont que de simples phénomènes, qui ne doivent pas être identifiés comme la véritable  Libération (nirvana) :

1.            L’effulguration, apparition de lumière

2.            La connaissance

3.            La joie, le ravissement

4.            La tranquillité

5.            Le bien-être, le bonheur

6.            La détermination

7.            L’énergie

8.            L’avertissement

9.            L’imperturbabilité, l’équanimité

10.        Le plaisir.

La méditation bouddhiste nous apparaît donc comme un très long processus vers l’éveil tel qu’a pu atteindre le Bouddha (l’« éveillé »). Le pratiquant s’extrait peu à peu du leurre des sens et de la dualité pour entrer dans la Réalité du Nirvana.

   Conclusion 

 

Au terme de ce bref survol des pratiques méditatives dans la sphère religieuse, nous constatons que toutes les religions les renferment dans leurs textes sacrés, même si, le plus souvent sauf en ce qui concerne le bouddhisme,  elles ont été réservées à une poignée d’initiés.

La méditation est une espace de liberté intérieure, elle échappe aux dogmes. Comment s’étonner désormais qu’elle ait pu être la source d’une certaine prévention, qu’elle ait pu même, selon les époques et les contextes, être interdite au sein des rituels religieux ?

Un immense regain d’intérêt pour la méditation voit le jour dans les sociétés occidentales, tant dans les milieux laïques que religieux, où elle réapparaît dans la splendeur de sa pratique.  Activité naturelle s’il en est, elle est le point central commun à toutes les religions et, par là,  doit devenir le terrain par excellence du dialogue interreligieux.

La méditation est un chemin vers l’Infini, et ça n’est qu’animé d’un cœur ardent et sincère, d’un véritable appel intérieur, que le pratiquant peut en recueillir les fruits inestimables. C’est un chemin de Lumière que seule l’expérience peut révéler sous nos pas, un paysage intérieur changeant et fécond à la disposition de chacun.

Permettez-moi de porter mes prières pour que la noblesse de la méditation soit de mieux en mieux reconnue, et que sa pratique soit désormais de plus en plus répandue et accessible à tous.

 

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2 commentaires sur « Méditation et religions, fin : la méditation bouddhiste »

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