méditation et religion 2 : la méditation chrétienne

Méditation chrétienne

 

La tradition chrétienne présente une riche pratique contemplative, encore nommée « prière silencieuse », que nous pouvons tout à fait rapprocher de la méditation dans son acception généralement admise.

C’est avec les Pères du désert, au 4ème siècle, qu’elle apparaît au sein du christianisme, inspirée de la thora juive. Cette pratique méditative s’éteint pourtant au 17ème siècle : accusée de favoriser le quiétisme, la passivité, elle perd les faveurs des ecclésiastiques de l’époque, et ce pour longtemps. Il faut comprendre que toute la société de cette époque misait sur l’entreprise, l’action, et que rester immobile les yeux fermés, sans même prier, semblait aller à contre-courant du progrès.

Citons à ce sujet Maître Eckhart  (12ème-13èmesiècle) : pour lui méditer c’est

« Rester libre en pleine action », car :  « Demeurer assis en silence, ainsi que ma haute méditation et mon union avec Dieu, voilà ce qui m’a tiré au ciel. » (Dits de Maître Eckhart, 67).

Pour Maître Eckhart, si l’action est nécessaire, il ne faut pas faire d’elle la source de son salut, car l’essentiel n’est pas dans l’action.

Les différentes  formes de méditation chrétienne

Les quatre principales formes sont : la Lectio divina, la prière du cœur, la relecture de la vie quotidienne,  et l’oraison.

1-     Lectio divina

c’est la méditation de la Parole qui trouve sa source dans la tradition juive et s’est épanouie au IVe siècle chez les Pères du désert. Il s’agit d’une communauté d’ermites ayant vécu leur ascèse dans le désert égyptien vers le 3ème-4ème siècle. Ce fut la première pratique à laquelle on a appliqué le terme de « méditation ». Plus tard, fut établie une méthode de lectio divina en quatre étapes :

–          la lecture lente du texte ;

–          la méditation, réflexion pour comprendre le texte ;

–          suivie d’une relecture ;

–          enfin, l’oratio, pendant lequel on reste en silence, dans l’ouverture à Dieu.

2-     La prière du coeur : encore les Pères du désert

–           Le mental a  été comparé à un arbre rempli de singes bruyants et sautant de branche en branche. Pour le calmer, il a été proposé de répéter certains mots ou formules, rappelant les  mantras bouddhistes. De fait, la répétition de ces mots, dans un esprit d’humilité et d’amour, doit  mener au silence et au calme intérieur.

Il existe plusieurs formules ou mantras :

–          Le dominicain Jean-Marie Gueullette invite le chrétien à choisir plutôt un seul mot : «  L’idéal est de prendre le nom par lequel on s’adresse spontanément à Dieu dans la prière : Père, Jésus, Seigneur, Dieu, Adonaï ». Il précise le rôle de ce mot : « Le sens du mot n’a pas beaucoup d’importance, on ne le médite pas intellectuellement. L’essentiel est de se tourner vers Dieu par ce mot, en s’appuyant sur ce mot » ;

–          extraite du Premier ou du Second testament : « Seigneur viens à mon aide » ;

–          ou cette formule de l’Apocalypse : « Maranatha », « Viens Seigneur » ;

–          La formule retransmise par les Pères orthodoxes : « Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi pêcheur », est aujourd’hui la plus célèbre.

3-       Relecture de la vie quotidienne  de Saint Ignace de Loyola (XVIe siècle)

Cette méditation fait partie intégrante de ses fameux exercices spirituels. Il s’agit, le soir, de se remémorer sa journée et d’en retenir les moments où Dieu nous a fait signe, les circonstances de sa manifestation en nous ; puis de rendre grâce au Seigneur et de s’engager, pour le lendemain, à être encore plus attentif à ces signaux d’amour.

4 –      Au XVIIe siècle : l’oraison de simple regard

Après plusieurs étapes, dans le silence intérieur, il s’agit seulement de se tenir présent à Dieu, de lui consacrer du temps, et de tourner vers lui toute son attention et toute sa dévotion. Soulignée principalement par l’ordre du Carmel, elle est pratiquée deux heures par jour dans ses monastères. Décrite également par Thérèse d’Avilla, l’oraison est sensée emmener le fidèle à la contemplation divine pure et à l’extase.

En conclusion, il apparaît que la méditation chrétienne synthétise à la fois l’étude textuelle de la thora ( la lectio divina ) et les élans mystiques des traditions bouddhistes et soufi ( comme l’oraison ).

A suivre…

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2 commentaires sur « méditation et religion 2 : la méditation chrétienne »

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