Tout en muscles

Grand-Cœur-Limpide, en voilà un drôle de nom ! C’est que, pour nos histoires, il nous faut un cœur « grand comme ça », un beau sourire et un regard qui va tout au fond !… C’est comme un grand ami dans notre cœur, toujours là pour nous écouter, nous consoler de nos chagrins, et partager nos moments de joie. D’ailleurs, lui, c’est de la joie tout le temps, comme ça, une réserve de joie. Vous avez compris qu’avec Grand-Cœur-Limpide, vous ne pouvez pas vous ennuyer. Surtout qu’il a de bien belles histoires à nous raconter à tous. On part pour la première !

– Salut Grand-Cœur-Limpide !
– Salut Tout-en-Muscles !
Vous avez compris : Tout-en-Muscles, il a beaucoup de muscles, il est très fort, quoi ! Il s’est approché de Grand-Cœur-Limpide pour lui demander quelque chose :
– On m’a dit que tu pourrais m’aider…
– Faut voir.
– Voilà, avec ma copine, on s’est inscrits pour un grand concours sportif : descendre une grande rivière à la nage. Le premier arrivé a gagné tout plein de choses très intéressantes, des jeux, des gâteaux, et surtout un magnifique vélo de course. Moi et ma copine, on aime faire du vélo, alors ça nous intéresse beaucoup…
– Et que veux-tu que je fasse pour toi Tout-en-Muscles ?
– Je voudrais que tu m’aides à gagner le vélo.
– D’accord, je viens avec toi, montre-moi cette rivière.
Grand-Cœur-Limpide et Tout-en-Muscles arrivent à la rivière. C’est une grande rivière, très belle, avec des beaux arbres, des libellules qui volettent partout au-dessus de l’eau, des jolies grenouilles vertes qui sautent, et l’eau qui chante sur son chemin.
– Alors, Tout-en-Muscles : assieds-toi et dis-moi ce que tu vois.
– Ben oui, je vois la rivière transparente, les petites vagues, les cailloux gris et les arbres verts.
– C’est tout ?… Maintenant, ferme les yeux et dis-moi ce que tu sens …
Tout-en-Muscles est un peu surpris, mais comme il attend vraiment que Grand-Cœur-Limpide l’aide, il veut bien fermer ses yeux un moment.
– Alors, qu’est ce que tu sens ?
– Ah oui, ça n’est pas pareil : je sens des choses très agréables ! Le vent léger, l’odeur de la terre mouillée, j’entends la musique que l’eau fait en coulant, les oiseaux… ils ont l’air rudement contents les oiseaux… j’ai un peu chaud sous le soleil, mais c’est agréable grâce au petit vent. Finalement, en fermant les yeux, on sent plein de choses, peut-être plus qu’avec les yeux ouverts.
– Maintenant, tu peux rouvrir les yeux et me dire comment tu comptes t’’entraîner pour cette course à la nage ?
– C’est dur, Grand-Cœur-Limpide, c’est très dur comme course ! Il y aura des très bons nageurs, venus de très loin. Alors, jusqu’à aujourd’hui, je m’entraîne beaucoup parce qu’il faut que je sois le plus fort : je cours à pied, je nage, je fais mes muscles…
– Ah ça oui, je vois bien, tes muscles… Mais tu crois que tu arriveras à être plus fort que cette grande rivière ?
– Ben, je suis pas sûr parce qu’elle aussi est très très forte, et il y a des passages où elle va super-vite !
– Alors, si tu veux que je t’aide, voilà ce que je te propose : moi, je crois que tu ne pourras pas être plus fort que la rivière et peut-être même pas plus fort que les autres nageurs. Ce qu’il te faut, c’est devenir comme cette rivière, la comprendre, voir comment elle fait pour aller si vite et couler tranquillement quand même, sans perdre une seule goutte de son eau. Toi, tu dois pouvoir aller dans cette eau sans rien perdre de ton énergie. Plutôt que de nager vite, tu dois pouvoir couler, comme l’eau.
– Ah, oui, c’est une bonne idée, ça… mais comment faire ?
– Eh bien on va faire comme tout à l’heure : on va fermer nos yeux et essayer de sentir comment la rivière fait pour couler si facilement. Tu vas apprendre à descendre dans ton cœur, à l’intérieur de toi et progressivement, tu comprendras mieux la rivière… et tu pourras mieux faire comme elle, couler vite et tranquillement, sans t’épuiser à nager…
Grand-Cœur-Limpide et Tout-en-Muscles ont fermé leurs yeux. Ils sont descendus à l’intérieur d’eux, dans leur cœur, et ils ont médité un long moment. Tout-en-Muscles se sent bien dans son cœur, il se détend, il sent la rivière, la comprend mieux. A la fin de la méditation il dit :
– C’était formidable, je crois que j’ai un peu compris le secret de la rivière : elle sait qu’elle atteindra son but simplement en se laissant couler, en suivant son chemin de rivière. La Nature est là pour l’aider, elle a confiance.
– Toi aussi, tu peux avoir confiance en la Nature. Même dans ta vie de tous les jours, tu peux avoir confiance. Et puis, si tu ne gagnes pas le vélo tout de suite, tu l’auras certainement un autre jour… En tout cas, tu as déjà gagné quelque chose de très précieux, c’est comme un trésor que tu as au fond de toi : il suffit que tu fermes les yeux, que tu médites dans ton cœur et tu y trouveras un ami magnifique qui t’aidera chaque jour.

Il se faisait tard, il fallait rentrer. Tout-en-Muscles était bien content, il commençait à devenir tranquille comme la rivière.

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