Ariane ou le sens de la vie-2

Ariane ou le Sens de la Vie -2

 

 

Chercher un sens à sa vie a-t-il du sens ??

Et finalement, à nous infliger ce brûlant questionnement, avons-nous quelque chose à gagner ?

Le club de ceux qui n’ont pas de temps à perdre avec le sens de la vie

Eh bien, la raison scientifique, ou plutôt, soyons sévères,  carrément scientiste, est formelle : la vie n’a pas de sens et chercher quelque chose qui n’existe pas est la meilleure manière d’éviter les questions qui pourraient trouver des réponses. Pas de honte à avoir. Exit le problème.

Les nihilistes, par exemple, en font tout un plat qui s’occupent à prouver que la vie n’a pas de sens… oui, mais alors, étant donné l’énergie qu’ils déploient pour étayer leur théorie, si cette démonstration était justement  le sens de leur vie ?? On ne s’en sort pas avec les nihilistes !

Freud lui-même nous prend pour de grands malades quand il  nous dit : « quand on commence à se poser des questions sur le sens de la vie et de la mort, on est malade, car tout ceci n’existe pas de façon objective ».

Dans cette veine où vraiment rien ne sert à rien, nous trouvons une filmographie intéressante :

–         Dans le film « Monty Pyton, le sens de la vie », les hommes-poissons nagent en rond dans un aquarium, sans possibilité de s’en extraire et de considérer leur vie en dehors du bocal.

–         Et dans son film « Le guide du voyageur intergalactique », Douglas Adams questionne dans une lointaine galaxie un ordinateur très puissant sur le sens de la vie. Au bout de plusieurs millions d’années de calculs informatiques, arrive  la magnifique réponse «  42 ». Mais il est indiqué en même temps aux habitants de cette lointaine galaxie que, s’ils ont une réponse, il leur faut préciser la question.  Et pour ce faire, un ordinateur bien plus puissant serait nécessaire…

 

Et puis il y a ceux qui on trouvé Le sens de la vie 

 

Pour Léon Tolstoï par exemple la foi a résolu le problème : « Je compris que la foi (… ) était une connaissance du sens de la vie humaine, grâce à laquelle l’homme vivait plutôt que de se tuer ». Pour lui, la foi seule peut nous donner la connaissance et l’acceptation de la vie.

Les religions ne disent rien d’autre lorsqu’elles justifient la vie et ses misères, telle que nous la connaissons ici-bas, par un Au-delà enchanteur, prometteur de vie éternelle.

Car le sens de la vie pose le problème du corollaire de notre vie, à savoir : l’acceptation de la souffrance.  Prenons l’exemple  de la belle Ariane qui sur sa plage dorée  de Naxos souffre doublement, à la fois d’un terrible coup de soleil et d’une déception amoureuse, car Thésée  décidément ne vient pas. Cette dernière souffrance, les bouddhistes l’analysent parfaitement : c’est le désir, et plus encore l’attachement à l’objet de nos désirs. Dès lors qu’il y a frustration, il y a insatisfaction, et on a vu à quel point cette déception a anéanti tout sens de la vie pour Ariane !… Mais nous verrons bientôt comment elle se ressaisit et comment la  divine Providence vient à son secours…

 

Et les philosophes ?

Que ferions-nous sans les philosophes qui passent leur temps à se poser les questions qu’on a la paresse d’approfondir par nous-mêmes ?

Alors, pour certains, le vrai sens de la vie, c’est l’idée du Bien. Nous avons là une filiation qui va de Platon (sa théorie des Formes), à Spinoza (son Bien souverain), en arrivant jusqu’à Bentham pour qui « ce qui est bien est ce qui amène le plus de bonheur à la plus grande quantité de personnes possible ». Pour Kant, le bien ne peut être contradictoire : ainsi, pour vérifier qu’une pensée ou une action est bonne, il nous suffit de la généraliser et de nous demander si elle serait toujours aussi bonne si tout le monde pensait ou agissait ainsi. Et Kant de citer la tentation de ne pas rembourser une dette d’argent : si personne ne remboursait, plus personne ne prêterait ! De même si tout le monde mentait toujours, la vérité n’existerait même plus.

Et Ariane ?

Ses tubes de protection solaires jetés rageusement à l’eau, le jour déclinant sur l’horizon de Naxos,  Ariane sent aussi sa vie, privée de sens, se retirer d’elle. « A quoi bon vivre si je ne puis être l’heureuse élue du courageux Thésée ? Comment subsister sans honte à ce lâche abandon, cette publique répudiation ? Que dire à Papa  sans froisser son honneur de la famille et que dire à  Maman qui a déjà brodé mon trousseau ? Non, vraiment, je suis désespérée ! » Voilà, en substance j’en suis sûr, le fil de ses sombres pensées tandis qu’elle se résout à rentrer à la maison, toujours aussi vierge.

Mais vierge, elle ne le restera pas longtemps car le jeune, le costaud,  le vigoureux Dionysos l’entreprend et éveille en elle les trésors de l’amour et de la sensualité.

Ça n’a l’air de rien comme ça, mais nous sommes ici sur la piste d’un sens de la vie d’un genre nouveau. Nietzsche l’a bien compris…

A suivre…

 

 

 

2 commentaires sur « Ariane ou le sens de la vie-2 »

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