Cœur-ému

Cœur-ému

 

 

  • Voilà, j’arrive, j’arrive !
  • Merci Grand-Cœur-Limpide d’être venu si vite.
  • J’étais occupé avec Cœur-Chercheur, mais maintenant, je t’écoute. Je te trouve bien tremblotant, pas vraiment tranquille, que se passe-t-il ?
  • Tout tremblotant, oui, pas vraiment tranquille… et ça m’arrive bien souvent : je suis trop émotif !
  • S’agit-il toujours de la même émotion ?
  • Pas forcément : je peux être vite en colère, vite contrarié, vite ému aux larmes, vite triste, vite consolé. C’est bien fatiguant, à force. J’ai parfois l’impression que mon cœur ne tiendra pas.
  • Ton cœur, oui… il est sans doute un peu malmené, lui qui aspire à tant de paix. Mais heureusement, tout au fond, la paix est là, qui attend. A nous de lui permettre de se révéler.
  • Facile à dire Grand-Cœur-Limpide ! Mais je veux bien que tu développes…
  • Bon, tant pis pour toi, tu vas avoir droit à un cours.

Cœur-ému et Grand-Cœur-Limpide marchent tranquillement sous les grands tilleuls verts. En chemin, ils rencontrent Arthur Rimbaud, assis sous les feuillages, qui griffonne sans doute quelques vers.

  • Tu vois, Cœur-ému, notre ami Arthur a trouvé un des moyens éprouvés depuis la nuit des temps par l’homme pour canaliser, pour « métaboliser » ses émotions dans une action positive : la création artistique.
  • Oui, mais moi, je ne suis pas artiste : je suis plus calé en informatique qu’en sonnets, alors dis-moi s’il te plaît le moyen de calmer ce charivari incessant qui m’encombre.
  • Que la rivière est belle ce matin, et cette lumière sous les frondaisons… entends-tu le merle qui appelle ?… Ah, le voici, regarde, sur le chemin, il a ramassé une brindille, il s’envole…
  • Oui, bon, la lumière, l’oiseau, la brindille, tout ce que tu voudras… mais alors, ce cours ?
  • Je ressens comme une pointe d’agacement chez toi : encore une émotion bien inutile. Voici donc : nous avons un corps physique, nous pouvons le toucher, le sentir par mille sensations permises par nos cinq sens ; il nous procure des plaisirs, des douleurs, des inconforts, il est le véhicule provisoire de notre cœur-âme. Bien. Mais ce corps physique est « habité », imprégné par tout ce qui n’est pas matériel en nous et qui en partie  nous définit : nos pensées, nos affects, notre personnalité, notre égo… et nos émotions. Ce « matériel immatériel » conditionne notre métabolisme, notre physiologie, nos réactions à l’environnement, il imprègne la moindre de nos cellules et nous enrichit chaque jour de nouvelles expériences. Ces émotions, ces expériences, si elles sont répétées, finissent par envelopper totalement notre cœur-âme  et nous rendent la Paix, la Lumière, l’Amour qui y résident de toute éternité, difficilement accessibles, et même difficilement perceptibles.
  • Oui, la Paix, l’Amour, la Lumière, c’est formidable, mais si seulement je pouvais éviter ces cataclysmes à l’intérieur de moi qui me laissent  dévasté et chancelant, ce serait déjà bien !
  • La caractéristique des émotions, vois-tu, c’est que ton corps physique se souvient, et c’est aussi vrai pour les émotions positives que pour les émotions dites négatives. En conséquence, lorsqu’un évènement extérieur se produit, il est susceptible de déclencher toutes sortes de réactions en chaîne sur nos cellules, que nous pouvons vivre comme  un état  de trouble général. Et plus souvent la cause de l’émotion, aussi infime soit-elle,  se manifeste, plus vite le trouble s’installe. C’est comme un chemin, un circuit qu’empruntent nos influx nerveux, et qui, au fur et à mesure, se trouve opérationnel de plus en plus rapidement, en « mode ouverture »  quasi permanent.  C’est une empreinte, un sillon inscrit dans notre corps subtil qui se réactive bientôt pour un oui, pour un non.  C’est ce sillon qu’il nous faut aplanir, afin que nos émotions, à peine nées,  ne trouvent plus leur route et se diluent dans l’éther. Tu saisis ?
  • Continue…
  • … Et donc, tout le temps que nous passons à mettre de l’ordre en nous, à nous ressaisir, nous ne pouvons plus l’employer à autre chose. Par exemple, à sentir la justesse ou le manque de justesse de telle ou telle pensée, de telle ou telle action. Hypersensibles, nous devenons cependant imperméables, insensibles à la Béatitude lovée dans notre cœur.
  • J’ai bien compris, Grand-Cœur-Limpide, mais n’ai toujours pas la clé qui me délivrera.

Un écureuil s’approche, curieux, puis s’enfuit bien vite. Mille abeilles bourdonnent à l’ombre des corolles et une fraîcheur verte, mousses, feuilles et herbes, baigne toute choses. La rivière coule, coule… Grand-Cœur-Limpide ferme ses yeux.

  • Méditons un moment si tu veux bien, avant de poursuivre…

 

 A suivre…

 

 

 

 

3 commentaires sur « Cœur-ému »

    1. Merci pour ce commentaire positif, mais je voulais préciser que j’essaie de rendre compte le plus simplement possible de ma compréhension des choses à un instant T. Mais cette compréhension de ces phénomènes si subtils est en perpétuel mouvement, elle évolue au gré des états intérieurs que je vis en méditation et n’est nullement définitive et donc sans doute inexacte. A chacun de percevoir un écho en soi en fonction de ce que ces petits textes peuvent suggérer… A bientôt !

      Aimé par 1 personne

      1. bonjour
        Je sais bien que ce n’est pas une science exacte mais tes ressentis semblent « couler de source » …. A bientôt !

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