Libre… ou à peu près ! ( suite )

Quelques jours ont passé, et le petit 39, alors qu’il aide sa maman à couper une salade,  remet le couvert sur sa conception de la  liberté :

 

 

  • Eh bien moi, du haut de mes 39 de pointure, j’ai bien une théorie sur tout ça, vois-tu. Et c’est plus qu’une théorie : c’est une
  • Une intuition, à 13 ans !
  • Justement, 13 ans c’est l’âge de raison, demande à C. tu verras ce qu’elle t’en dira C.
  • Qui c’est celle-là ?
  • C’est une grande amie et j’attends que tu mûrisses un peu toi aussi pour te la présenter.
  • Et donc ?
  • Et donc moi je crois que je suis comme cet oignon que je suis en train de couper.
  • Ah là je suis peut-être d’accord avec toi : tu arrives à me faire pleurer de rage certains jours !
  • Un oignon a plusieurs couches tu vois, comme des peaux, les plus fines sont à l’extérieur, les plus épaisses vers le centre.
  • Coupe plus fin ! Oui, bon, tu disais, les oignons…
  • Donc je suis fait de plusieurs couches et ces couches sont pleines de mes émotions, de mes impressions, même quelques fois elles me protègent.
  • Et alors, de quoi tu te plains ?
  • … Mais des fois elles m’entravent.
  • Elles t’entravent ? Pour aller où ?
  • Pour aller vers mon centre, là où je serai confortable, là où je serai vraiment en accord avec ma nature profonde.
  • Alors là, mon p’tit, je te suis difficilement. Tiens, garde le rythme, attaque les radis.
  • C’est simple, voilà mon intuition : il y a des couches d’impressions qui nous masquent la réalité réelle de la vraie Vérité- Réalité.
  • Ah oui, je vois tout à fait. Et la réalité réelle de la vraie Vérité-Réalité, selon toi, c’est ?…
  • C’est… eh bien je sais pas moi, c’est… ça ne peut pas avoir de nom. C’est le centre de l’oignon si tu veux, là où on n’a même plus besoin de pleurer ni de faire pleurer les autres.
  • Pour un oignon, ça m’étonnerait ! Attention, racle bien sous les feuilles !
  • Ah mais vraiment, y a pas moyen avec toi : j’essaie de t’élever, de te parler de sujets sérieux, spirituels même, et toi tu me parles salade, radis et autres tubercules !
  • Tu seras bien content de les manger les tubercules tout à l’heure.
  • C’est vrai. Donc je reviens à mon histoire de centre plus Vrai que vrai. Je crois que pour être vraiment libre, il nous faut être nous-mêmes, et pour être vraiment nous-mêmes, il faut être tout le monde, et pour être tout le monde à la fois, il faut se débarrasser de nos couches.
  • Mais mon pauv’ petit, les couches, y a longtemps que t’en as plus ! … Tiens, enlève les graines des poivrons.
  • … Faire une brèche tout d’abord dans ces couches d’impressions, d’émotions, et se faufiler, l’élargir patiemment, chaque jour un peu plus, faire tout pour ne pas qu’elle se referme…
  • C’est-à-dire ?
  • Gérer nos émotions, ne pas nous laisser embarquer par elles, les vivre sans nous identifier à elles, savoir qu’on vaut mieux que ces vaguelettes de surface, qu’il y a des abîmes rudement beaux en-dessous, où les tempêtes n’existent pas, où tout est calme. C’est ce que j’appelle le Centre.
  • Et comment tu fais toi pour ouvrir cette brèche et plonger dans ces profondeurs ?
  • Eh bien voilà, pendant que vous êtes encore en train de dormir toi et Papa, moi, je m’assieds dans ma chambre, je ferme les yeux et je médite.
  • Bon, faut mettre les couverts.

 

A suivre…

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