La douleur-(3)

La douleur – (3 )

 

Juger de la douleur et des souffrances en général ne peut se faire qu’à distance. De même qu’un bon journaliste attend pour interpréter un évènement et coucher sur du papier son analyse, afin d’éviter le  risque de commenter « à chaud » un fait qu’il ne comprend pas forcément dans toutes ses dimensions au prime abord, nos souffrances sont à comprendre peu à peu. Comment ne pas se révolter devant un accident, une maladie grave, un deuil ou même tout simplement un conflit dont nous serions innocent ? Notre condition humaine, notre conscience,  nous obligent à essayer de comprendre ce qui nous arrive :

  • Soit nous découvrons notre part de responsabilité dans l’évènement qui nous semble négatif, et alors, le réalisant, le comprenant et l’acceptant, nous pouvons changer notre trajectoire, notre façon d’être, nos pensées et nos actions pour sortir de cette souffrance.
  • Soit nous nous jugeons innocents, en toute impartialité – mais est-ce possible réellement ? – , en tout cas victimes d’un coup du destin, et alors, la seule issue est bien l’acceptation de cette souffrance dont nous pouvons espérer voire la fin un jour. Cette acceptation, pour devenir possible, passera par une prise de distance par rapport à ce qui nous arrive, et une recherche intense et sincère sur le message que renferme cette souffrance, le  sens que nous pourrons lui donner. Toute douleur, si elle nous empêche l’accès à  certains possibles, doit pouvoir nous ouvrir néanmoins de nouveaux horizons, une nouvelle compréhension, le développement de nouvelles capacités de résilience. Une épreuve peut nous guérir d’une maladie dont ignorions être atteint : elle peut guérir notre esprit, nous faire renaître à quelque chose de plus vaste, plus beau, et qui ne peut se trouver que dans notre espace intérieur. Les exemples ne manquent pas, et chacun en a probablement en tête, de fameux ou bien de tout proches, d’apparence tout à fait humble. Si l’on est capable de minimiser la peur qui accompagne immanquablement l’épreuve, la Lumière peut jaillir des profondeurs de notre être : c’est l’alchimie de la transmutation souffrance / libération. Et la méditation agit en profondeur aux sources mêmes de nos peurs : Tania Singer, cette célèbre spécialiste de l’empathie, l’a prouvé dans ses expériences en neurosciences.

Ainsi nos souffrances peuvent agir comme un puissant dispositif « anti-somnolence », peuvent nous réveiller, voire nous éveiller au sens plein du  terme ; elles nous obligent à chercher un sens à notre vie, le sens de ce que nous avons à vivre. Elles nous obligent au courage,  c’est-à-dire, si l’on s’en réfère à l’étymologie du mot,  à avoir du cœur.

 

 

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