le jardin

Le jardin

 

J’ai fait connaissance avec un jeune humain qu’il me faut vous présenter et qui me redonne courage et optimisme quant à la survie de notre belle planète. Grand-Père m’avait bien enseigné de ne jamais désespérer. Alors un beau matin bleu, alors que je faisais ma promenade habituelle sur ma plage préférée – une petite crique argentée au sable d’une rare finesse – et que je m’amusais à regarder les traces de mes pattes sur la grève avant que la mer ne vienne les effacer, j’aperçois Tom – c’est son nom d’humain, ils ont de ces noms, franchement ! Il a peut-être dix sept ans, le nez long et le cheveu en bataille. Il est assis et lance des petits cailloux sur les vagues. Et puis il me regarde, me lance quelques mies de pain, de plus en plus près pour que je m’approche. Il croit que j’ai peur ! Mais il y a bien longtemps que je n’ai plus peur des hommes : ils ne chassent pas le cormoran, mais, si j’étais homme, j’aurais peut-être bien des raisons de craindre d’autres hommes dans certaines rues sombres le soir, certains faubourgs inhospitaliers, ou même dans certains luxueux bureaux ou se fomentent des plans dépourvus de la moindre sagesse… ou bien si j’étais perdrix ou même agneau. Mais cormoran je suis et je suis libre comme l’air qui me porte !

Bon, je finis par m’approcher pour voir ce que Tom me veux, le pauvre, il s’imagine que j’ai faim et que quelques miettes vont m’apprivoiser ! Mais c’est bien plutôt à moi de l’apprivoiser, parce que, au bout du compte, il n’est pas si rassuré. Il faut dire que j’ai grandi, que mon bec est bien plus long et plus dur que son nez et que les griffes de mes pattes pourraient griffer sa peau  tendre.  On fait connaissance, il me parle de sa vie, de sa famille, de sa musique. Moi, je lui dis que la musique que je préfère c’est celle du vent dans mes ailes et dans les arbres, bien que je me délecte aussi du bruit des vagues quand la mer gronde.

Au bout d’un moment, il me dit : «  Viens, je t’emmène chez un ami ! ». Je remets à plus tard la visite chez Grand-Père et suit Tom. Ses cheveux flottent quand il marche, et moi je sautille et volette à ses côtés.

Un grand portail rouillé entre deux vieux murs,  il grince quand on l’ouvre, et là, j’ai la surprise de ma vie !

 

A suivre

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