Alimentation, écologie et méditation

Qu’est-ce que bien manger ? On connaît la réponse : une alimentation diversifiée, riche en fruits et légumes. On pourrait aussi ajouter la jouissance de déguster des plats aux saveurs délicatement agencées… Or, choisir des aliments parce qu’ils sont bons pour la santé ou parce qu’ils nous procurent du plaisir, ça ne touche que soi.

L’écologie commence là où mes pratiques ont un impact sur la vie des autres. Trois fois par jour, nous faisons des choix qui ont des effets sur l’environnement, le bien-être des animaux, la faim dans le monde et la vie de travailleurs. Manger, c’est donc poser des gestes éthiques.

Mais avoir la capacité de s’engager dans alimentation éthique nécessite de développer des qualités spécifiques d’élargissement de notre propre  conscience et de remise en question des dictats éducatifs sous-tendus par des modèles et intérêts  socio-économiques. Nous verrons comment la méditation, en nous libérant intérieurement, est un des outils de choix pour affiner et ajuster notre niveau de conscience dans ce but.

Nous verrons donc successivement dans  cet exposé les points suivants :

  • Niveau individuel : une diététique pour notre santé
  • Niveau collectif : une diététique éthique
  • La diététique spiritualiste
  • La méditation du cœur comme voie d’accès à ces différents niveaux.

 

Santé et nutrition

 

Nous sommes déjà tous largement informés sur ce que devrait être une alimentation saine :

  • pas trop de graisses animales induisant les maladies cardiovasculaires et les cancers,
  • pas trop de sucres pour éviter les maladies métaboliques comme le diabète,
  • des fruits et légumes frais et des fruits secs pour les fibres et les vitamines,
  • des céréales complètes et des légumineuses pour les oligoéléments et les sels minéraux.

Voyons rapidement quelques points :

Limiter l’apport calorique

Le surpoids et les maladies qui en résultent deviennent le problème N°1 de la santé publique dans les pays riches.

Ne pas manger trop de viande

A l’échelle mondiale, les humains consomment de plus en plus de viande alors que notre ration quotidienne dépasse déjà les recommandations de l’Organisation Mondiale de la Santé.

Eviter la nourriture industrielle et les fast food

Rien qu’en France, les chaînes de fast-food comptent plus 25 000 points de vente et servent près deux milliards de repas par an. Or, ces chaînes de magasin très populaires délivrent une nourriture trop grasse (hamburgers, sodas, glaces et salades), trop calorique qui peut dégrader sérieusement et rapidement notre santé.
A ce titre, le film documentaire Super Size Me est éloquent.

Limiter l’apport de sel

Afin de réduire le risque d’hypertension artérielle. Par exemple le pain actuel est beaucoup plus salé qu’il y a 50 ans. De même les plats préparés et la charcuterie industriels sont extrêmement salés pour être plus goûteux. De manière générale préférer toujours des plats préparés à la maison à partir d’aliments non transformés.

Préférer le sucre brut bio au sucre raffiné

En France, nous consommons en moyenne 35 kg de sucre par personne et par an, si celui-ci nous apporte l’énergie nécessaire à notre corps, il est quasiment exclusivement consommé sous la forme de sucre raffiné.

Le raffinage du sucre a pour objectif principal de faciliter sa conservation et de lui donner une couleur blanche, « pure », le sucre devient alors du saccharose. Cependant, cette opération qui fait intervenir différents traitements physiques et chimiques, est devenue à la fois inutile est dommageable pour l’environnement et nuit à notre santé.

En effet, le sucre brut (ou sucre complet) contient naturellement de nombreux minéraux (magnésium, phosphore, fer…) et des vitamines (A, B1, B2, B6, C, pro-vitamine A, E, PP…) qui sont utiles à notre organisme contrairement au sucre raffiné  qui est constitué de « calories vides », totalement dépourvues de minéraux et vitamines.
Enfin de nombreuses affections sont induites par le sucre raffiné : hypoglycémie, obésité, névroses diverses, fatigues physique et mentale, maux de tête, palpitations, courbatures, crampes musculaires, paresthésies, irritabilité, nervosité, anxiété, problèmes de perception, pertes de mémoire, difficultés de concentration… Une liste non exhaustive peu réjouissante (voir : « La série noire du sucre blanc » de  Biogassendi).

Dans les années 70, le loby du sucre, si puissant au niveau mondial, a détourné le problème en suscitant, à grands renforts de publicité, une méfiance dirigée principalement sur les matières grasses !

Eviter les sodas

Très riches en sucre, les sodas ne doivent être consommés qu’occasionnellement  et représentent en moyenne 20 morceaux de sucre par litre.

 

Ecologie de la nutrition

Notre façon de nous nourrir impacte directement non seulement notre santé, mais également l’environnement, et a des répercussions sociales et économiques considérables.
L’écologie de la nutrition étudie l’ensemble de ces interactions c’est-à-dire qu’elle prend en compte toutes les étapes du système alimentaire : production, récolte, stockage, transport, transformation, conditionnement, commercialisation, consommation des aliments, et enfin élimination des déchets.

Alimentation végétarienne ou alimentation carnée ?

Le gaspillage de ressources dû à l’hyper-alimentation carnée est lourd de conséquences pour la planète et contribue à renforcer l’insécurité alimentaire mondiale Malgré cela, de1971 à 2010, la production mondiale de viande a triplé !

–         Déforestation

En moyenne, pour obtenir de la viande, il faut d’abord nourrir un animal : par exemple, il faut 13kg de céréales et 30kg de foin pour produire 1kg de viande de bœuf ( 1kg de protéines animales nécessite 10kg de protéines végétales ). En Amérique Centrale, 40% des forêts tropicales humides ont été détruites au cours des 40 dernières années. La production de bétail monopolise 70 % de toutes les terres agricoles et 30 % de la surface émergée de la planète.

–         Consommation d’eau

La production de 1kg de protéines animales peut nécessiter jusqu’à cent fois plus d’eau que la production d’1kg de protéines végétales.

–         Consommation d’énergies fossiles

. Il faut en moyenne 25 calories d’énergie fossile pour produire 1 calorie de protéines animales. En comparaison, la production d’1 calorie végétale ne requiert que 2,2 calories d’énergie fossile. Convertir des céréales en viande constitue donc une énorme perte énergétique responsable de l’aggravation de l’effet de serre.

–          Réchauffement climatique

L’élevage est également responsable d’émissions directes de méthane, un gaz à effet de serre plus redoutable encore que le CO2, produit par les flatulences des ruminants.
Au final, l’élevage est responsable de 18% de l’ensemble des émissions de gaz à effet de serre des activités humaines.

–         Déchets et pollution

L’élevage est parmi l’une des plus importantes sources de pollution de l’eau et de la terre.

Un trop grand nombre d’animaux sont confinés sur des surfaces réduites. En conséquence, la quantité de déjections produites outrepasse largement la capacité des écosystèmes environnants à les recycler (pollution par l’azote, l’ammoniaque et les bactéries des déjections).

–         Disponibilité alimentaire mondiale

Un agriculteur peut nourrir jusqu’à 30 personnes pendant un an sur 1 hectare, Un éleveur, seulement 7 !

–          gaspillage

Environ 20 % de la viande produite, vite avariée, finit à la poubelle.
Alors, citons Albert Einstein : «  Rien ne saurait être plus bénéfique à la santé humaine ni accroître les chances de préserver la vie sur la terre qu’un régime végétarien. » J’ajouterai, pour notre culture occidentale :  «  … Ou au moins flexitarien.

Acheter des produits peu emballés

Faire ses courses sans s’encombrer des emballages et en ne prenant que la juste quantité, c’est possible : il suffit d’acheter à la coupe, au détail ou en vrac… Cela peut également être une bonne façon de faire des économies sur de nombreux produits. En effet, contrairement aux idées reçues, les produits à la coupe sont souvent moins chers que les produits déjà emballés.

L’eau en bouteille 

Il faut 7 litres d’eau pour fabriquer une bouteille en plastique d’1 litre. L’eau courante en France est encore d’excellente qualité. Si vous achetez de l’eau achetez de plus grandes bouteilles (de 5 ou 8 litres).
Si l’eau fournie par votre commune vous semble douteuse vous pouvez opter pour une carafe filtrante ou un filtre adaptable au robinet de votre évier à base de charbon actif.

Favoriser les circuits de distribution courts

De belles initiatives émergent dans nos lieux de vie et nous avons l’occasion de les soutenir (AMAP, ventes directes,
foires écologiques, magasins bio…).

Il faut savoir qu’une grande partie des fruits et légumes proposés en France provient de “la mer de plastique” d’Almeria en Espagne : 40 000 hectares de serres souillent, appauvrissent les milieux et exploitent la misère humaine.

En outre, le circuit court est un bon moyen de diminuer l’empreinte carbone liée au transport.

Acheter au fur et à mesure

En moyenne, 26% de notre nourriture finit à la poubelle, n’achetez pas en quantité importante si vous n’êtes pas vraiment sûrs de pouvoir tout consommer. De plus, les fruits et les légumes, même dans le réfrigérateur perdent vite leurs vitamines et se flétrissent.

Acheter des produits biologiques

Face à une agriculture conventionnelle qui emploie toujours massivement des pesticides et engrais chimiques, l’agriculture biologique s’est démocratisée.

En plus de leur qualité gustative qui est généralement supérieure, ils sont plus sains car sont garantis sans OGM, ne contiennent pas ou peu de pesticides et, surtout, respectent davantage notre environnement en évitant de contaminer les milieux.

Le label français et les labels européens attestent que le produit est issu de l’agriculture biologique. D’autres “labels” moins connus, mais plus exigeants, existent comme la mention « Nature & Progrès« .

Tous les autres labels auto-proclamés n’apportent aucune garantie !

  • Les systèmes agricoles en agriculture biologique préservent la qualité de l’eau : ils n’utilisent pas de produits phytosanitaires de synthèse
  • Ils préservent davantage la biodiversité grâce à une plus grande diversité des cultures et à la préservation des éléments topographiques (prairies, haies, talus, bandes enherbés…).
  • Les systèmes en agriculture biologique préservent la qualité des sols avec des teneurs en matière organique généralement plus élevées.
  • Le mode de production biologique fait l’objet d’aides spécifiques dans le cadre  de la politique agricole commune.

Acheter des produits de saison

En vous fournissant en fruits et légumes de saison, vous améliorez la qualité gustative de vos aliments qui subissent moins d’apports extérieurs visant à assurer leur croissance. De surcroît, ils sont moins chers.

La lutte contre le gaspillage alimentaire

Le gaspillage alimentaire serait le 3ème facteur émetteur de gaz à effet de serre.

 pêcheries mal gérées

Les ressources en poissons de mer sont de plus en plus surexploitées, atteignant des niveaux proches de l’épuisement.
Pour exemple,  » les espèces démersales  » vivant près des fonds marins comme la morue, le merlu, le merlan, la sole ont vu leur population chuter de 90% en 25 ans au niveau mondial. Le thon rouge, très prisé des amateurs de cuisine japonaise, est victime d’une surpêche liée à l’engouement récent des occidentaux pour les sushis.

De surcroît, les océans abritent aujourd’hui moins de 10% des populations de grands poissons qu’ils hébergeaient avant l’arrivée de la pêche industrielle. Le déclin des requins en est un exemple dramatique.
Les ONG Greenpeace et WWF nous proposent également des guides pour consommer du poisson en connaissance de cause :

 

 Alimentation et spiritualité

 

L’alimentation joue un rôle capital sur la composition du sang. Elle en a donc aussi une sur nos manières de percevoir, de ressentir et d’agir et chaque carence ou surcharge a des répercussions sur notre vie psychique et spirituelle : une carence en glucose dans le sang (hypoglycémie) rend stressé. Une carence en vitamine B 1 rend peureux, celle en magnésium irritable et nerveux. Les maniaco-dépressifs manquent de lithium. A l’inverse, un excès de plomb cause des hallucinations, un excès de cuivre rend colérique, un excès de phosphore hyperactif.

Toutefois,  si l’alimentation a un effet certain sur la vie  de l’esprit, elle ne fait que le mettre dans de bonnes dispositions pour atteindre le but d’une recherche spirituelle quelle qu’elle soit. En effet, peut-on encore affirmer que les végétariens sont d’authentiques pacifiques quand on sait qu’Hitler ne mangeait pas de viande ?

Alimentation et religions

Les religions mettent toutes l’accent sur l’alimentation, chacune à leur manière :

  • les nourritures liturgiques, celles que les institutions religieuses servent lors des célébrations. Dans le  christianisme, le pain ou  l’hostie, dans le judaïsme le vin ou le jus de raisin du Kidouch
  • les nourritures rituelles, celles que l’on consomme chez soi pour marquer un temps fort du calendrier religieux : l’œuf du Seder, le chocolat de Pâques, les dates du ramadan, les desserts de Noël.
  • Les interdictions alimentaires religieuses : Cacherout, nourriture Hallal, carême

 

Végétarisme et spiritualité

La plupart des enseignants spirituels recommandent le régime végétarien.

« Je pense que les transformations et les effets purificateurs d’un régime végétarien sur l’homme sont très bénéfiques à l’espèce humaine. Par conséquent, en choisissant le végétarisme, on sera à la fois heureux et paisible
Albert Einstein

Pour  Sri Ravi Shankar : « Une des raisons est que notre système est fait pour la nourriture végétarienne. Nous n’avons pas vraiment les dents qu’ont les animaux carnivores. Nous avons les dents des animaux herbivores. Notre plus proche ancêtre, le singe est végétarienPar ailleurs, l’intestin humain est très long et la digestion est lente. La nourriture végétarienne se digère en 2-3 heures alors que la nourriture non végétarienne se digère en 8 heures. »

Pour finir… nous laissons la parole à Paul McCartney un végétarien de longue date qui dit :

« Si les abattoirs avaient des murs en verre, tout le monde serait végétarien »

 

La nourriture, un aliment spirituel ?

Toutes les personnes religieuses, quelle que soit leur confession, accordent un instant de réflexion, de prière ou simplement de recueillement avant de manger et normalement le repas se déroule dans le calme ou même le silence.

La faim

On mange souvent pour toutes sortes de raisons sauf celle de satisfaire notre besoin physique de nourriture!

L’appétit est un ensemble de sensations qui avertissent l’organisme dans son désir de nourriture. C’est le “centre de l’alimentation” situé dans la région hypothalamique du cerveau (hypothalamus) qui règle ce qu’il y a de physique dans la faim. Cependant, l’homme se trouve souvent sous l’influence encore plus grande d’une motivation psychologique l’incitant à trop manger ou à trop boire.

La composition des aliments

Ce sont l’eau et le sol qui, de manière effective, contribuent tous ensemble à la croissance des êtres vivants. Du point de vue physique, la nourriture consiste en éléments sains, c’est-à-dire en substances nutritives, et en éléments nocifs, c’est-à-dire en déchets et en matières indigestes.

Au niveau physique, nos aliments sont composés de 40 à 45 substances nutritives que nous devons consommer en quantités adéquates afin de grandir et de mener une vie saine. Ces éléments pénètrent dans notre corps et sont convertis en milliers de substances vitales.

Les éléments nutritifs sont divisés en six classes générales: les hydrates de carbone, les graisses, les protéines, les vitamines, les minéraux et l’eau.

Mais il y a aussi des facteurs  plus subtils de croissance, purement énergétiques tels que les rayonnements cosmiques et solaires ( photosynthèse ).

Au-delà, nous avons les éléments encore plus purs, de nature spirituelle. Dans la tradition de la Kabbale, les aliments contiennent des «  étincelles de sainteté » destinées à nourrir nos corps subtils qui sont le siège de nos fonctions psychiques et spirituelles. Ces étincelles sont cependant « enfermées » dans des «  écorces » ou  klipot. Manger en conscience, amour  et  gratitude permet à ces étincelles de se libérer de leur écorce et d’aller nourrir effectivement et profondément nos corps subtils.

Ainsi, la nourriture contient de même, sous son aspect spirituel, des bons éléments chargés d’énergie spirituelle, et des écorces qui peuvent être assimilés à des déchets, qui sont les constituants grossiers qui les entourent et les enferment.

A la séparation qui s’effectue entre les substances nutritives et les déchets lors de la consommation d’aliments correspond sa contrepartie spirituelle qui consiste à purifier les «  étincelles d’énergie spirituelle » qui y sont contenues. C’est donc le travail de notre conscience qui rend assimilable l’énergie spirituelle des aliments.

Nourriture spirituelle Nourriture physique
« Etincelles d’énergie »  Substances nutritives
 

Ecorces

 

Déchets

 

Pour Aivanhov, si nous voulons recevoir les parties les plus subtiles des aliments, il faut être :

  • conscients
  • et surtout prédisposés envers l’amour, et voilà que notre corps sera ainsi prêt et ouvert pour recevoir le meilleur de l’aliment. En effet, c’est comme quand nous accueillons une personne avec beaucoup d’amour, elle s’ouvrira à nous et nous donnera tout ; mais si nous la recevons avec hostilité, elle se fermera et nous ne pourrons rien recevoir de cette personne.
  • Le silence ou au moins un calme relatif est fondamental pendant le repas pour avoir accès à ce qui se passe aux niveaux subtils de notre être.

Le repas devient alors un moment privilégié, même si en même temps  nous pouvons échanger avec les autres convives au niveau verbal et goûter la saveur des aliments.
Grâce à l’amour et à notre pleine conscience, notre corps est nourri de manière complète, même dans ses corps les plus subtils.

Conscience du moment présent, amour, silence… autant d’attributs qui qualifient la méditation !

 

La méditation du cœur

Une fois intégrés ces grands principes d’éthique alimentaire, comment les appliquer facilement dans notre vie sans ressentir de frustration ? La méditation Heartfulness, ou méditation du cœur, est  sans doute un des outils les plus efficaces pour développer en soi les qualités qui nous amèneront tout naturellement à orienter notre alimentation de manière plus positive pour nous et pour notre environnement.

Par la méditation, nous entrons en contact intime avec notre espace intérieur. Or, si l’extérieur peut, par bien des aspects,  être attrayant, nous sommes désormais à-même de faire l’expérience de cet espace intérieur, immuable, lumineux et stable qui nous sera en permanence une source de réconfort et de joie. Progressivement, cette part lumineuse de notre être  s’épanouit, devient de plus en plus prégnante.  Nous acquérons la possibilité de nous identifier à elle, et de percevoir en chacun ce dénominateur commun qu’est cette lumière intérieure. Nos rapports avec nous-mêmes et avec autrui s’en trouvent facilités, harmonisés et notre vie plus confortable.

Ces moments de recentrage induisent automatiquement une prise de distance par rapport aux évènements extérieurs. Ce lien que nous établissons avec notre espace intérieur s’étend progressivement au reste de l’Univers. Nous ne percevons plus autrui de la même manière, ne percevons plus la nature, les arbres, les plantes et j’ose dire même aussi les cailloux de la même manière : tout n’est qu’unité ! C’est bien là le sens, le but et la vocation de la méditation, pratique ultime du Yoga.

Comment désormais ne pas prendre soin de notre être, de notre alimentation, des végétaux et des animaux qui nous nourrissent ? La méditation conduit donc bien à la prise de conscience écologique.

Or, notre mode d’alimentation moderne participe complètement du consumérisme ambiant induit par les lobbys industriels. Consommer pour être heureux, désirer pour consommer.

Les deux ailes : matérielle et spirituelle

Subordonner notre bonheur aux seuls facteurs extérieurs à nous, forcément contingents, est source de bien des désillusions et la quête des plaisirs nous attire inlassablement vers l’extérieur. Si le plaisir de consommer paraît le plus accessible, il est aussi source de grandes frustrations si nos désirs ne sont pas rapidement satisfaits. La satisfaction d’un désir elle-même induit de toute façon un autre désir, et le consumérisme repose certainement sur cette tendance insatiable de notre être.

Le bonheur vrai et stable repose donc bien sur l’équilibre des deux ailes de notre existence, matérielle et spirituelle.

La méditation Heartfulness

Il s’agit d’une pratique moderne de méditation issue des très anciennes  traditions védiques de Raja Yoga. Cette pratique a été réactualisée pour répondre aux besoins spécifiques de nos sociétés occidentales contemporaines. Elle est basée sur «  la Transmission yogique », processus naturel et universel accessible à tous.

Le cœur, par sa fonction de pompage et de distribution du flux sanguin à travers tout notre corps, entre en contact avec la totalité de nos cellules. Détendre le cœur revient à détendre tout notre corps, esprit compris : l’ « atmosphère » de notre cœur conditionne l’ « atmosphère » globale de notre corps. Un cœur détendu est gage d’un  esprit clair et libéré. Dès lors, porter notre attention sur notre cœur est à même de réguler notre état émotionnel et spirituel.

Par quel mécanisme ? – La transmission yogique

Par nos organes des sens, la vie nous procure sans cesse des impressions, des  émotions. Nous réagissons à ces impressions et nos réactions entraînent d’autres impressions. Au fil du temps, nous sommes pris dans une gangue solide d’impressions qui encombrent notre mémoire, nous conditionnent, nous empêchent de penser et d’agir librement.

De plus, cette carapace est responsable de la plupart de nos préjugés et limite grandement  notre niveau de conscience. La méditation du cœur Heartfulness nous permet, par le processus de transmission yogique, de purifier notre être intérieur, d’élargir notre conscience et ainsi de nous libérer intérieurement.

La transmission yogique

Il s’agit d’une pratique très ancienne (plusieurs siècles avant J-C), appelée  pranahutti dans les védas  qui sont textes de la tradition antique de l’Inde.

  • Qu’est ce qui est « transmis » ?

La Transmission est mystérieuse, elle fait partie des expériences ineffables, inénarrables : les mots nous manquent pour la décrire, la définir.  Elle n’en reste pas moins une expérience tout à fait réelle, naturelle et reproductible.  On peut la comparer à une transmission de Lumière, d’une Force douce, d’une énergie. Certains la définissent comme « la Vie de la vie ». Il s’agit d’un dialogue de Conscience à Conscience, une émanation de cœur à cœur, rendus possibles, d’une part par le développement intérieur particulier du « transmetteur », et d’autre part par l’acquiescement, la disponibilité du « récepteur ».

  • Comment doit-on procéder ?

Le plus souvent, les deux protagonistes – mais nous, le verrons, ils peuvent être plus nombreux – s’assoient face à face, ferment leurs yeux et entrent en méditation.

Avec Heartfulness, il s’agit d’une méditation « sur le cœur » : le sujet émet l’idée que son cœur est la source d’une Lumière intérieure. Le protocole est si simple qu’il peut en paraître déconcertant ! Il ne demande aucune aptitude particulière  – hormis celle de pouvoir rester les yeux fermés un moment pour recevoir la transmission -, aucune connaissance intellectuelle particulière, aucune capacité physique particulière… juste la volonté d’expérimenter, l’aspiration à réaliser le Soi dans notre vie, à apercevoir, puis finir par vivre,  l’essence de la vie.

  • Qui peut «  transmettre » ?

Des  formateurs, hommes et femmes de tous milieux et de toutes cultures,  sont spécialement entraînés pour cette transmission naturelle et choisis en fonction de leur disponibilité et motivation.

  • Que doit-on ressentir ?

Les mots trahiront toujours l’expérience, d’autant que celle-ci revêt une grande variété de ressentis, selon les personnes, le moment, les dispositions émotionnelles de chacun.

Toutefois, il existe un dénominateur commun à ces expériences de transmission : l’aboutissement en est souvent la sensation d’ouverture, de « vastitude » intérieure, d’effacement de nos limites. La sensation s’accompagne en général d’un sentiment de légèreté, d’être « aligné », « en ordre », bien sûr calme et détendu.

 

 Mon expérience personnelle

Lorsque j’ai rencontré la méditation Heartfulness, ce fut une véritable révélation pour moi : cette pratique a correspondu d’emblée et en tout point à ce à quoi j’aspirais : pas de rituel, une pratique simple, ouverte et accessible à tous, ne demandant pas de capacités physiques ou intellectuelles particulières.

La méditation Heartfulness n’exige rien, elle propose. Elle est un chemin de Lumière que seule l’expérience peut révéler sous nos pas. Pour moi, elle a été la cause des  plus grandes joies de ma vie, des plus beaux moments de plénitude, des moments en somme où je me suis senti le plus «  vivant ». Car c’est ainsi que l’on peut résumer cette méditation : elle est ce qui nous relie le plus directement à la source de la vie, à l’amour.

La méditation est une pratique individuelle, et ce n’est qu’animé d’un esprit tout à fait sincère que l’on peut en recueillir les fruits. Cette pratique ne vous évitera pas toutes les épreuves de la vie, mais elle vous aidera grandement à les surmonter, à les vivre le cœur et l’esprit plus légers et mettra en vous les ressources positives pour les dépasser. Quant aux joies, elles seront sans doute  goûtées plus sereinement.

Je forme ici de tout mon cœur les vœux pour que cette noble voie éclaire le cœur des hommes et que tous ensemble nous parvenions à une conscience écologique seule garante d’un avenir pérenne.

 

 

 

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